France

Mort d’Emile : ADN et téléphonie, la famille demande des enquêtes.

Le 25 mars dernier, Philippe et Anne Vedovini, les grands-parents d’Émile Soleil, ont été placés en garde à vue pour « homicide volontaire » et « recel de cadavre », avant d’être relâchés 48 heures plus tard. Le corps d’Émile a été retrouvé en mars 2024, neuf mois après sa disparition.


Le 25 mars dernier, Philippe et Anne Vedovini, les grands-parents d’Émile Soleil, ainsi que deux de leurs enfants, ont été placés en garde à vue pour « homicide volontaire » et « recel de cadavre », avant d’être relâchés 48 heures plus tard. Le procureur de la République d’Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon, a précisé que la piste familiale n’était « pas refermée ». L’enquête, dirigée par les gendarmes de la section de recherches de Marseille, a établi que l’enfant a subi un « traumatisme facial violent », indiquant, selon les mots du magistrat, « la probable intervention d’un tiers ».

Malgré les soupçons, la famille du petit garçon – dont le corps a été retrouvé en mars 2024, neuf mois après sa disparition – souhaite jouer un rôle actif dans les investigations. Les avocats des grands-parents d’Émile ont soumis la semaine dernière une demande d’actes supplémentaires aux juges d’instruction. « La famille a envie de participer à la dynamique de l’enquête et de jouer sa part », a déclaré à 20 Minutes Me Julien Pinelli, l’avocat d’Anne Vedovini. « Il ne s’agit pas de critiquer ou de concurrencer le travail réalisé par la section de recherche de Marseille, mais simplement de proposer un autre regard. Personne n’est infaillible, pas plus les enquêteurs, que les avocats, que les magistrats. C’est sans doute au prix de regards croisés qu’on pourrait espérer un jour connaître la vérité dans ce dossier », a-t-il ajouté.

La famille d’Émile est retournée en novembre dernier au Haut-Vernet, le hameau où le petit garçon passait ses vacances chez ses grands-parents au moment de sa disparition. « Nous avons constaté que certaines investigations complémentaires méritaient d’être mises en œuvre concernant certains terrains, certains lieux d’habitation ou à usage agricole aux alentours du Haut-Vernet », a insisté l’avocat. Il a également noté que « certains témoignages » recueillis par les enquêteurs « pourraient être approfondis ». Il estime par ailleurs que « l’étude de la téléphonie pourrait également être utilement complétée ».

Me Pinelli et Me Isabelle Colombani, qui défend le grand-père d’Émile, réclament également le prélèvement de l’ADN des habitants du Haut-Vernet. « Dans des dossiers de plus grande envergure, on a fait des prélèvements ADN. Or là, dans ce petit hameau du Haut-Vernet, on sait que la solution est locale, mais on n’en a pas fait. Depuis le début, et bien avant la découverte du crâne, j’ai toujours dit qu’il fallait en faire pour trouver quelque chose. Je l’ai d’autant plus répété une fois le crâne et les vêtements retrouvés et les premiers résultats des expertises connus », a déclaré Me Colombani à La Provence.

« Ça arrive trop tôt », estime le général François Daoust, ancien directeur du pôle judiciaire de la gendarmerie et de l’IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale), contacté par 20 Minutes. « On sait qu’il y a deux ADN partiels découverts sur le crâne et les vêtements. Si on compare ces traces partielles avec celles qui seraient prélevées sur les habitants du village, on va trouver une vingtaine de personnes ayant des correspondances. Mais ce ne sera pas un résultat significatif car il n’y a pas assez d’ADN de qualité pour permettre une comparaison efficace. »

Le général Daoust confirme que « dans la majorité des affaires judiciaires, il y a des demandes d’acte » formulées par les parties civiles. « Le juge doit répondre dans les 30 jours, c’est le délai légal. S’il ne fait pas suite, il devra expliquer pourquoi. » Selon lui, les enquêteurs, qui cherchent à résoudre l’énigme de la disparition et de la mort d’Émile, vont désormais se concentrer à « reprendre les éléments du dossier », « les témoignages ». Ils tenteront aussi de déterminer « le lieu exact » où Émile est mort, ainsi que celui où son corps « aurait été entreposé ». Ils examineront également les deux vélos saisis lors d’une perquisition le 16 décembre dernier à la résidence secondaire des grands-parents du petit Émile. « Il peut y avoir des traces exploitables dessus. Sinon, on ferme définitivement cette porte et on part sur autre chose. »