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États-Unis : Explications sur le nouveau « shutdown » en cours

Un bras de fer sur le financement du ministère de la Sécurité intérieure (DHS) a entraîné un nouveau « shutdown » aux Etats-Unis. La ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a annoncé que des caméras-piétons seraient distribuées « avec effet immédiat » à tous les agents sur le terrain à Minneapolis.


Un conflit concernant le financement du ministère de la Sécurité intérieure (DHS) a conduit à un nouveau « shutdown » aux États-Unis, exacerbé par des controverses liées à deux décès survenus lors d’interventions d’agents fédéraux à Minneapolis. Trois jours après le début de la paralysie partielle de l’administration fédérale, la situation dépend d’un vote attendu à la Chambre des représentants, dans un climat politique tendu.

Le point de désaccord concerne le budget du DHS, qui supervise la police de l’immigration (ICE). Les démocrates s’opposent à l’approbation de ces crédits sans réformes des méthodes d’intervention de ses agents, en réaction à la mort d’Alex Pretti, un infirmier de 37 ans tué par des agents fédéraux lors de manifestations contre la présence de l’ICE à Minneapolis, survenue moins de trois semaines après le décès de Renee Good, également abattue par un agent fédéral dans cette même ville.

Depuis, les élus démocrates conditionnent leur vote à l’adoption de plusieurs mesures : port systématique de caméras-piétons, interdiction des cagoules et nécessité d’un mandat judiciaire avant toute arrestation de migrant. Hakeem Jeffries, leader de la minorité démocrate à la Chambre, a déclaré : « Le gouvernement Trump ne peut pas se contenter de paroles », insistant sur la nécessité d’appliquer ces mesures immédiatement.

Du côté des républicains, certains élus de la frange ultraconservatrice refusent de renégocier le budget du DHS. Le député texan Chip Roy a accusé l’opposition de « jeux politiciens » et de retenir le ministère « en otage ». Cette position complique les efforts du président républicain de la Chambre, Mike Johnson, qui ne peut se permettre de perdre plus d’une voix dans son propre camp après la désignation d’un nouvel élu démocrate à la suite d’une législative partielle au Texas.

Malgré ces tensions, Mike Johnson s’est montré confiant, déclarant sur Fox News : « On va réussir à finir tout ça d’ici à mardi, j’en suis convaincu », qualifiant de « formalité » le vote prévu pour mettre fin à la paralysie budgétaire. Il a cependant reconnu qu’il faudrait « de bonne foi des deux côtés » pour surmonter l’impasse.

Le président Donald Trump a également appelé à une adoption rapide du texte, exprimant sur Truth Social : « Nous devons rouvrir le gouvernement et j’espère que tous les républicains et les démocrates se joindront à moi pour soutenir cette loi », en espérant qu’elle lui soit présentée « SANS DÉLAI ». Il a averti qu’ « AUCUN CHANGEMENT n’est possible à ce stade », alors que des critiques émergent même au sein de son propre camp.

Dans ce contexte, la ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a annoncé une mesure visant à répondre à l’une des demandes démocrates. « Avec effet immédiat, nous distribuons des caméras-piétons à tous les agents sur le terrain à Minneapolis. À mesure que le financement deviendra disponible, le programme de caméras-piétons sera étendu à l’échelle nationale », a-t-elle déclaré sur X, après avoir discuté avec Tom Homan et les responsables de l’ICE et de la police des frontières.

À ce stade, l’administration fédérale reste partiellement paralysée, bien que la situation ne semble pas se diriger vers un blocage aussi long que celui de 43 jours connu l’automne dernier. Toutefois, si la situation persiste, des centaines de milliers de fonctionnaires pourraient être placés en chômage technique ou contraints de travailler sans être immédiatement payés, en attendant un compromis budgétaire.