Agriculture : Le sénateur Duplomb propose de réautoriser des pesticides interdits
Le sénateur Laurent Duplomb a déposé lundi une nouvelle proposition de loi visant à autoriser la réintroduction de deux insecticides, l’acétamipride et le flupyradiflurone, interdits en France mais autorisés ailleurs en Europe. Une pétition réclamant l’abrogation de l’acétamipride a rassemblé plus de 2,1 millions de signatures, franchissant le seuil des 500.000 nécessaires pour provoquer un débat à l’Assemblée nationale, prévu le 11 février au Palais Bourbon.
La dispute relative aux pesticides interdits a reprit au Sénat. Laurent Duplomb, sénateur Les Républicains de Haute-Loire, a proposé lundi une nouvelle loi visant à autoriser la réintroduction, sous conditions, de deux insecticides néonicotinoïdes, l’acétamipride et le flupyradiflurone, qui sont interdits en France mais autorisés dans d’autres pays européens. Ce texte, enregistré par les services du Sénat, a pour objectif de « réduire une surtransposition concernant l’utilisation de produits phytopharmaceutiques afin d’empêcher la disparition de certaines filières agricoles ».
Cette initiative intervient quelques mois après que le Conseil constitutionnel a censuré partiellement la première « loi Duplomb ». En août, les Sages avaient annulé la disposition la plus controversée, estimant que la réintroduction de l’acétamipride contrevenait à la Charte de l’environnement « en raison d’un encadrement insuffisant » concernant la durée, le type ou les techniques de traitement et les filières touchées. La nouvelle proposition, comportant trois articles, a été ajustée pour répondre aux exigences constitutionnelles, et le Conseil d’Etat sera consulté avant son examen. Le calendrier d’examen n’est pas encore déterminé.
Lors d’un colloque au Sénat sur le « déclin agricole », Laurent Duplomb a soutenu son texte en citant la souveraineté alimentaire. « Nous ne pouvons plus continuer de tergiverser sur ce sujet qui fait disparaître des pans entiers de notre souveraineté alimentaire », a-t-il affirmé. Il a ajouté : « Si nous continuons à fermer les yeux et à balayer la poussière sous le tapis, cela nous rendrait coupables de voir nos enfants, non pas vivre moins bien en termes de santé, mais peut-être à l’avenir avoir faim ».
Cette proposition, soutenue par plusieurs cosignataires centristes, macronistes, radicaux et Horizons, répond également aux demandes de la FNSEA et de la Coordination rurale, notamment des producteurs de betteraves sucrières, qui estiment ne pas avoir d’alternative efficace. Cependant, la réintroduction de l’acétamipride, jugée toxique pour la biodiversité et potentiellement nuisible pour la santé humaine, suscite une forte opposition : une pétition demandant son abrogation a recueilli plus de 2,1 millions de signatures, dépassant le seuil de 500.000 nécessaires pour déclencher un débat à l’Assemblée nationale, prévu le 11 février au Palais Bourbon.

