La frontière avec l’Égypte rouvre lentement pour les Palestiniens de Gaza.
Le passage de Rafah entre la bande de Gaza et l’Égypte a rouvert lundi dans les deux sens pour les habitants sous de strictes conditions. La réouverture totale de Rafah est prévue par le plan du président américain Donald Trump visant à mettre fin définitivement à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023.
Le passage de Rafah, entre la bande de Gaza et l’Égypte, qui était fermé depuis mai 2024, a rouvert lundi dans les deux sens pour les habitants, qui pourront traverser la frontière sous des conditions très strictes. La réouverture de cette frontière, demandée par l’ONU et de nombreuses organisations humanitaires, ne permettra pas pour l’instant l’entrée de l’aide internationale dans un territoire palestinien lourdement touché par deux ans de conflit.
Un responsable israélien a annoncé que le poste-frontière serait ouvert dans les deux sens pour les habitants, suite à l’arrivée de la mission européenne de surveillance EUBAM Rafah. Selon des médias égyptiens, 50 personnes pourront transiter chaque jour dans chaque sens durant les premiers jours de la réouverture.
La télévision israélienne Kan a rapporté qu’environ 150 personnes devraient quitter Gaza lundi, incluant 50 malades, tandis qu’une cinquantaine de personnes devraient entrer depuis l’Égypte. La frontière devrait être ouverte environ six heures par jour, selon Kan. Une source à la frontière a indiqué à l’AFP que plusieurs dizaines de personnes attendaient du côté égyptien pour passer.
Les autorités israéliennes, qui contrôlent le côté palestinien du poste-frontière, n’ont pas évoqué de possibles augmentations de l’aide vers Gaza, qui fait face à une grave crise humanitaire. L’aide internationale provenant d’Égypte passait jusqu’à présent par le poste-frontière israélien de Kerem Shalom, situé à quelques kilomètres de Rafah.
Bien que très limitée pour l’instant, la réouverture de ce passage unique entre Gaza et le monde extérieur était attendue avec impatience, notamment par les malades ou blessés espérant recevoir des soins à l’étranger. Selon un responsable du ministère de la Santé à Gaza, environ 200 malades attendaient dimanche de pouvoir passer en Égypte.
« Plus j’attends, plus mon état empire et je crains que les médecins ne doivent m’amputer des deux jambes », a déclaré Zakaria, un homme de 39 ans blessé durant un bombardement israélien en décembre 2024.
« Le point de passage de Rafah est une bouée de sauvetage. S’il ouvre, nos vies changeront », a déclaré un autre blessé, Mohammed Nassir. « J’ai besoin d’une opération sérieuse qui n’est pas disponible à Gaza mais qui peut être réalisée à l’étranger. »
Pour Asma Al-Arqan, une étudiante palestinienne, l’ouverture de Rafah représente la promesse d’un avenir meilleur. « Il n’y a absolument aucun avenir à Gaza. Nous attendons l’ouverture du point de passage afin de pouvoir aller poursuivre nos études à l’étranger », a-t-elle témoigné.
La réouverture totale de Rafah est prévue dans le cadre du plan du président américain Donald Trump visant à mettre fin définitivement au conflit déclenché le 7 octobre 2023.
Alors qu’Israël et le Hamas s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu instauré le 10 octobre, le porte-parole du Hamas à Gaza, Hazem Qassem, a averti dimanche que « toute obstruction ou condition préalable imposée par Israël » serait considérée comme « une violation » de la trêve.
Les autorités israéliennes ont conditionné tout passage à l’obtention d' »une autorisation sécuritaire préalable » pour sortir de Gaza et y entrer, en coordination avec l’Égypte et sous la supervision de la mission européenne à Rafah.
Les Palestiniens retournant à Gaza devront se limiter à un nombre restreint de bagages, sans objets métalliques ni électroniques, et avec des quantités limitées de médicaments, comme l’a indiqué l’ambassade palestinienne au Caire.
Le poste-frontière se situe dans une zone encore occupée par l’armée israélienne, au sud de la Ligne jaune, qui marque le retrait israélien d’environ la moitié de la bande de Gaza selon la première phase du plan Trump.
Sa réouverture devrait également permettre la venue à Gaza, à une date indéterminée, des 15 membres du Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), chargés de gérer le territoire pendant une période transitoire sous l’autorité du « Conseil de paix » présidé par Donald Trump.

