France

Le Medef propose un CDI jeunes, résiliable, sous le smic.

Le Medef a proposé la création d’un CDI « pouvant être rompu sans motif pendant les premières années », avec « une indemnisation croissante en lien avec l’ancienneté du salarié en cas de rupture ». En 2023, 1,4 million de Français âgés de 15 à 29 ans étaient considérés comme des jeunes « NEET », représentant un taux de chômage de 19 % chez les jeunes.


Une nouvelle proposition du Medef relative aux contrats jeunesse vient de raviver les tensions sociales en France. Lors de la reprise des discussions entre les partenaires sociaux, mercredi dernier, l’organisation patronale a annoncé une suggestion de « CDI jeunes », provoquant ainsi la colère des syndicats.

Le Medef a proposé l’instauration d’un CDI pouvant être rompu sans motif durant les premières années, avec « une indemnisation croissante en lien avec l’ancienneté du salarié en cas de rupture », selon un document de travail de l’organisation.

« Une déclaration de guerre » pour la CGT

Cette initiative est « inspirée de l’exemple italien du contrat à droits progressifs », établi en 2016, qui, selon le Medef, « a contribué à la baisse du chômage structurel dans le pays ». Néanmoins, cette proposition rappelle davantage le CPE, mis en place par de Villepin en 2006 et abandonné par Chirac face à la mobilisation des citoyens, ce qui en fait un symbole pour les syndicats.

« Alors que nous fêtons cette année les vingt ans de la victoire contre le CPE, le Medef ose remettre le couvert » et « réussit à faire pire que le CPE qui avait deux ans de période d’essai », a réagi la CGT dans un communiqué publié samedi. « Ce projet est une déclaration de guerre contre les jeunes et les salarié.e.s », ajoute l’organisation syndicale. La CGT avertit qu’elle « refusera catégoriquement de s’engager dans toute négociation qui comporte ces éléments ».

Le syndicat étudiant Unef a également exprimé son indignation en appelant, quelques heures plus tard, « l’ensemble de la jeunesse, étudiante et travailleuse, à se mobiliser contre ces attaques inacceptables ».

Des politiques pas enthousiastes

Le « CDI jeunes » est présenté comme une proposition « pour nourrir le débat » concernant les jeunes « NEET », qui ne sont « ni en emploi, ni en études, ni en formation », une catégorie représentant en 2023 environ 1,4 million de Français âgés de 15 à 29 ans, selon le Medef. Ce contrat aurait pour but de surmonter « la peur de l’embauche », justifie l’organisation patronale, « qui peut concerner en particulier les jeunes peu ou pas qualifiés ».

Dans le domaine politique, ce « CDI jeunes » ne suscite pas un enthousiasme débordant. « Ce n’est ni un axe de progrès ni un axe de développement », déclare un proche d’Edouard Philippe à « RMC ». Le RN qualifie cette idée de « fausse bonne idée », tandis que des membres de la gauche affirment à la même radio ne jamais être « déçus de l’inventivité du Medef ».

Interrogé sur FranceInfo, le vice-président du Medef a précisé : « Il ne s’agit pas de se séparer plus facilement […] Toute la logique qui préside à ces pistes de réflexion – et pas propositions – […] c’est comment on fait pour arrêter le scandale absolu d’avoir 1,4 million de jeunes qui ne sont ni en formation ni en études ni en emploi, d’avoir 19 % de taux de chômage chez les jeunes ».