Belgique

L’ULB accuse Georges-Louis Bouchez de menacer l’université et la démocratie.

Les propos de M. Bouchez ont été diffusés au cours de la dernière semaine sur la chaîne YouTube, en lien avec ceux de la ministre des Médias en Fédération Wallonie-Bruxelles, Jacqueline Galant, concernant le changement de la ligne éditoriale de La Première (RTBF). L’ULB a réagi en dénonçant une « disqualification de plus en plus fréquente de la critique, du doute et de la recherche », indiquant que l’attaque récente d’un homme politique fait partie d’un contexte préoccupant pour la liberté académique.


Les déclarations de M. Bouchez ont été mises en ligne au cours de la dernière semaine sur la chaîne YouTube, suite à celles de la ministre des Médias en Fédération Wallonie-Bruxelles, Jacqueline Galant. Cette dernière a exprimé son désir de modifier la ligne éditoriale de La Première (RTBF) dans le cadre de prochains changements à la direction du service public.

« …En fait, le monde journalistique, c’est un peu comme le monde universitaire, une partie du monde auto-proclamé intellectuel et de ceux qui trouvent que je suis populiste…. Vous avez le triangle des Bermudes (NDLR : du monde de la gauche) : RTBF – ULB – Boulevard de l’Empereur (NDLR : le siège du Parti Socialiste). Ça, c’est le triangle des Bermudes. Vous êtes au milieu… Vous mourrez… », a déclaré le président du MR devant des membres de son parti.

Disqualification de plus en plus fréquente

En réponse, dimanche, l’Université libre de Bruxelles (ULB) a replacé les attaques dont elle est la cible dans le contexte de « la disqualification de plus en plus fréquente de la critique, du doute et de la recherche, dont les exemples ne manquent pas« .

« C’est dans ce contexte qu’il faut considérer l’énième attaque d’un homme politique. Après avoir traité notre université d’islamiste, voici qu’il dresse une nouvelle carte des fantasmes : le triangle des Bermudes, dont les pointes seraient la RTBF, le boulevard de l’Empereur et l’ULB… Rien que ça… », a souligné l’Université.

Cette dernière estime qu’il s’agit d’une « remise en cause de la liberté académique et, avec elle, de la place de l’université dans la démocratie. Une université n’est pas un décor neutre : c’est un lieu où l’on discute, où l’on contredit, où l’on se trompe parfois, mais où l’on cherche, ensemble, à mieux comprendre le réel. Il en va de même pour les médias et pour les partis politiques démocratiques dont d’éminents libre-penseurs sont issus de l’ULB« .

Selon l’Université, le triangle des Bermudes évoqué représente la disparition de l’intelligence, de la culture, de la démocratie, du respect et de la bienveillance. « L’ULB est une communauté qui ne renonce ni à la connaissance, ni au débat, ni au libre examen, qui forme des milliers de jeunes, les aide à devenir des citoyens et citoyennes libres. Nous ne nous habituerons pas à ces attaques, nous ne les banaliserons jamais, nous les combattrons toujours…« , a conclu l’ULB.