L’OTIC avertit d’un danger pour la jeunesse tunisienne à Paris.
L’Organisation tunisienne pour informer le consommateur (OTIC) a lancé, dimanche, un appel urgent à lutter contre l’expansion « inquiétante » des paris en ligne, qualifiée de « menace directe » pour la jeunesse et la stabilité socio-économique du pays. L’OTIC a rappelé que l’activité des jeux de hasard et de paris en Tunisie est soumise au principe du monopole d’État, en vertu notamment du décret-loi n° 1974-20.
L’Organisation tunisienne pour informer le consommateur (OTIC) a lancé un appel urgent, dimanche, pour lutter contre l’expansion « inquiétante » des paris en ligne, qualifiant ce phénomène de « menace directe » pour la jeunesse et la stabilité socio-économique du pays. Dans un communiqué, l’OTIC a mis en avant les proportions alarmantes de ce phénomène chez les jeunes, avec des outils de mesure comportementale révélant « des proportions inquiétantes » dans la catégorie du risque de dépendance. Une partie des jeunes a même atteint un stade de trouble réel du jeu, entraînant des dépenses mensuelles significatives par rapport à leurs moyens.
L’Organisation a souligné que cette situation a des implications psychologiques et sociales graves, comme la détérioration des résultats scolaires, le délitement familial, l’isolement, une anxiété constante et l’endettement. De plus, elle a dénoncé les paris parallèles comme un « canal non régulé d’épuisement des devises », ouvrant la voie à des infractions de change et au blanchiment d’argent par le biais d’intermédiaires et de comptes étrangers.
Face à cette situation, l’OTIC a appelé à une action coordonnée sur plusieurs fronts. Elle a suggéré de mettre à jour le cadre juridique et de renforcer la coordination entre les structures de contrôle financières, sécuritaires, technologiques et réglementaires. Elle a également recommandé de lancer des programmes nationaux de sensibilisation à destination des jeunes, des parents et des institutions éducatives.
L’Organisation a rappelé que les jeux de hasard et de paris en Tunisie sont soumis au principe du monopole d’État, en vertu, notamment, du décret-loi n° 1974-20. Toute pratique en dehors des cadres autorisés constitue donc une infraction. Cependant, elle a noté que la rapidité de la transformation numérique a engendré une réalité dépassant les outils traditionnels de contrôle, facilitant la prolifération de plateformes étrangères non soumises au droit national.
Enfin, l’OTIC a insisté sur le fait que protéger les jeunes de « l’exploitation numérique déguisée sous forme de ‘jeu’ » est un « devoir national » et qu’une négligence dans ce dossier entraînerait un « coût social, économique et moral exorbitant ». Cet appel survient alors que plusieurs députés ont déposé, la semaine dernière, une proposition de loi visant à amender la législation pour mieux lutter contre les paris, notamment sous leur forme numérique.

