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Open d’Australie 2026 : Alcaraz va-t-il dépasser Djokovic-Nadal-Federer ?

Carlitos Alcaraz a 22 ans et a remporté son premier titre du Grand Chelem à Melbourne, ce qui lui a permis de devancer Rafael Nadal, qui avait attendu 24 ans et 102 jours pour remporter son septième titre. Alcaraz a un taux de réussite de 87,5 % en finale de Grand Chelem, avec sept victoires en huit finales, un résultat supérieur à ceux de Nadal, Federer et Djokovic.

Désormais que ce titre est assuré, il n’est pas superflu d’être franc : peu auraient parié un centime sur cette nouvelle victoire en Grand Chelem pour Carlitos, lorsque nous avons appris avec désarroi sa séparation avec Juan Carlos Ferrero en décembre dernier. Aurait-on pu imaginer l’immense Rafael Nadal se séparer de son entraîneur de son propre gré ? Nous nous interrogions alors, prévoyant déjà une carrière compromise à cause de cette décision malheureuse.

Certes, à un jeu près contre Zverev, nous aurions pu sembler présomptueux. Mais après cette première victoire à Melbourne, le yoyo médiatique nous pousse à nous demander si Carlitos ne va pas faire de l’ombre au trio magique qui a marqué notre jeunesse. Éléments de réponse.

Les chiffres ? Seul au monde, même face à Nadal

Faire passer Rafa pour un joueur en retard est l’un des nombreux exploits d’Alcaraz. L’Espagnol a désormais devancé son idole de deux années, puisque Nadal a dû attendre 24 ans et 102 jours pour décrocher son septième titre en Grand Chelem, tandis que Carlitos l’a fait à 22 ans et 272 jours. À cet âge, Federer et Djokovic étaient encore en train de faire leurs premiers pas : le Suisse avait 26 ans lorsqu’il a atteint cette marque mythique, tandis que le Serbe a dû patienter jusqu’à ses 27 ans, à Wimbledon en 2014. Cela laisse une énorme marge au numéro 1 mondial pour les dépasser.

Son taux de réussite en finale ? Gargantuesque

Un autre chiffre témoigne de l’avenir prometteur d’Alcaraz : il est redoutable le jour J, avec sept victoires en huit finales de Grand Chelem. Autrement dit, 100 % de réussite, en dehors de Wimbledon l’an passé. À titre de comparaison, Nadal, qui détenait le totem d’immunité à Roland-Garros, a perdu plus de 8 finales. Federer, à cause de Roland-Garros et de Rafa, atteint dix finales perdues, et Djokovic en compte désormais 16 ! Un taux de réussite bien inférieur à celui d’Alcaraz, qui pousse Mc Enroe à dire qu’il se croyait bon avec ses sept titres du Grand Chelem mais en réalité, il était tout juste ordinaire par rapport à celui dont on parle.

Ses rivaux possibles ? Le désert à part Sinner

Nous entrons ici dans une zone ambiguë. À 25 ans, Federer dominait le circuit et semblait en route pour remporter 30 Grands Chelems avant de prendre sa retraite. Puis sont arrivés Nadal et Djokovic. Aujourd’hui, Alcaraz n’a qu’un adversaire de taille, car Zverev, le quatrième homme, fléchit chaque fois qu’il approche du titre, et Djokovic, malgré ses incroyables capacités, ne pourra pas tenir encore dix ans.

Il reste donc Sinner en guise de concurrent, ce qui demeure peu en attendant que Fonseca devienne le monstre qu’on pressent. Or, l’Italien semble monter moins haut même lors de ses meilleurs jours : « Carlos est plus magique, plus imprévisible », a récemment déclaré Nadal dans une interview. « Il peut parfois atteindre un niveau que Jannik ne peut probablement pas atteindre, mais il commet aussi plus d’erreurs. L’enjeu est de trouver l’équilibre ». Pour l’instant, Alcaraz y parvient.

Sa projection physique ? Pas d’inquiétude… pour le moment

Là encore, il est prématuré de tirer des conclusions. Cela dit, Carlos Alcaraz est sûrement le joueur le plus athlétique du circuit, capable de frapper très fort en entrant dans le court tout en ramenant des balles depuis des positions difficiles. Il ne semble pas avoir de problèmes d’endurance, comme l’atteste sa capacité à contraindre Djokovic après cinq heures de jeu deux jours plus tôt. Concernant les blessures chroniques ? Une certaine fragilité musculaire qu’il subit de temps à autre, l’amenant à manquer un mois ou deux, mais pas de soucis persistants comme ceux de Nadal ou même de Djokovic, qui a eu besoin de temps pour résoudre ses difficultés respiratoires.

Son usure mentale ? Une faille dans la cuirasse

Cela a été l’un des rares points de discorde avec Ferrero avant leur rupture : le relâchement parfois trop marqué de son poulain en certaines périodes de l’année, une tendance qu’Alcaraz a parfaitement reconnue après son titre à l’US Open l’an passé : « On dit que j’aime beaucoup faire la fête… On en a beaucoup parlé, cela a fait beaucoup de bruit. Oui, j’aime m’amuser ! Qui n’aime pas s’amuser ? Chacun profite à sa manière et moi, personnellement, j’aime sortir, parce que j’ai 22 ans, et qui ne s’est pas amusé à 22 ans ? »

Une observation valable pour vous et moi, mais sans doute moins pour un prétendant au titre de plus grand joueur de l’histoire. Interrogé après sa victoire de dimanche sur ses futurs objectifs, Alcaraz n’a pas fait de projections très lointaines : « Il y a des tournois que je veux vraiment gagner au moins une fois. Je veux, par exemple, gagner au moins une fois tous les Masters 1.000 et il m’en reste quelques-uns à gagner (Canada, Shanghai et Paris, NDLR). Il y a aussi les Masters ATP et la Coupe Davis. La Coupe Davis est un vrai objectif, je veux vraiment la gagner pour l’Espagne. » Gagner tout au moins une fois pour terminer le jeu, et ensuite on verra ?