Venezuela : Javier Tarazona, activiste, est libéré après quatre ans de prison
Javier Tarazona, célèbre activiste vénézuélien, a été libéré dimanche après avoir été détenu depuis juillet 2021 pour « terrorisme », « trahison » et « incitation à la haine ». Le Venezuela compte encore au moins 711 prisonniers politiques, dont 65 étrangers, selon l’ONG Foro Penal.
« Javier est enfin libre ! », déclare Rafael Tarazona. Javier Tarazona, activiste vénézuélien reconnu, qui était détenu depuis juillet 2021 pour des accusations de « terrorisme », « trahison » et « incitation à la haine », a retrouvé la liberté dimanche. Son frère a indiqué qu’il s’était dirigé vers une église du centre de Caracas dès sa libération.
Cette annonce fait suite à celle de la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, qui a annoncé sous pression américaine la fermeture de la célèbre prison de l’Hélicoïde, où il était incarcéré, deux jours avant sa libération. Ce développement arrive moins d’un mois après l’arrestation du président Nicolas Maduro par l’armée américaine.
Javier Tarazona figure parmi les prisonniers politiques les plus emblématiques du Venezuela, et de nombreuses ONG, y compris Amnesty International, appelaient à sa libération. Le gouvernement vénézuélien avait promis, le 8 janvier, de libérer des prisonniers politiques, mais ces actes se font de manière sporadique. Une loi d’amnistie, annoncée vendredi par Delcy Rodriguez, devrait faciliter cette procédure.
### Au moins 711 prisonniers politiques au Venezuela
Selon l’ONG Foro Penal, le Venezuela compte encore au moins 711 prisonniers politiques, dont 65 étrangers. De nombreux proches passent toujours du temps devant les prisons, attendant des libérations, mais deviennent plus optimistes suite à l’annonce de la loi d’amnistie qui pourrait concerner ces détenus politiques.
Directeur de l’ONG de défense des droits humains Fundaredes, Javier Tarazona s’est élevé en tant que personnalité médiatique grâce à ses nombreuses révélations sur la situation à la frontière entre le Venezuela et la Colombie.
### Des accusations d’hébergement de leaders des guérillas colombiennes
Bien informé sur la zone frontalière, Fundaredes avait alerté en 2021 sur des affrontements entre des groupes armés colombiens et l’armée vénézuélienne avant que le gouvernement de Nicolas Maduro n’en fasse mention. Fundaredes a accusé le gouvernement d’héberger des leaders des guérillas colombiennes sur le sol vénézuélien et d’entretenir des liens avec ces groupes. La situation sur les 2.200 kilomètres de frontière entre le Venezuela et la Colombie est très instable, marquée par la présence de guérillas, de groupes armés et de narcotrafiquants. Fundaredes a développé un réseau d’informateurs dans des zones difficiles d’accès.
### Des « tortures et traitements inhumains » lors de son incarcération
Lors de quelques audiences de son procès, constamment reportées et auxquelles a assisté l’AFP, Javier Tarazona avait pu s’exprimer sur son arrestation et dénoncer des tortures subies au début de son incarcération. Il avait déclaré que durant les premiers mois en prison, il avait été victime de « tortures et traitements inhumains » dans la fameuse prison de l’Hélicoïde de Caracas : « J’ai reçu des coups, des coups, des coups. On ne voyait pas le soleil. On n’avait pas d’eau potable. On nous faisait uriner et déféquer dans les récipients dans lesquels on devait manger ».

