Boualem Sansal, écrivain franco-algérien, devient membre de l’Académie française.
L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été élu à l’Académie française avec 25 voix « pour » et un bulletin blanc pour 26 votants. Boualem Sansal, qui a obtenu la nationalité française en 2024, a été condamné à cinq ans de prison pour « atteinte à l’unité nationale » en octobre 2024.
L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été élu jeudi à l’Académie française, devenant ainsi un « immortel », près de trois mois après sa sortie de prison en Algérie. Les membres de cette institution, dédiée à la langue française, ont voté lors du premier tour avec 25 voix « pour » et un bulletin blanc, sur 26 votants, selon l’annonce faite par l’Académie.
Boualem Sansal, connu pour son œuvre « 2084 », prendra bientôt le fauteuil laissé vacant par Jean-Denis Bredin, avocat et historien décédé en 2021. Son intronisation se déroulera lors d’une cérémonie privée, où il recevra un habit vert orné de rameaux d’olivier ainsi qu’une épée.
Parmi les six candidats en lice, Boualem Sansal était le plus renommé. Certaines personnalités politiques, principalement de droite, ont accueilli son intronisation avec des éloges, comme Marine Le Pen, qui a salué sur X « une figure emblématique du combat pour la vérité ». Le président des Républicains, Bruno Retailleau, a aussi adressé ses félicitations à son « ami », tandis que la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a qualifié cette élection de « message fort en France et à l’international ».
Boualem Sansal rejoint d’autres « immortels », tels que la philosophe Sylviane Agacinski, l’écrivain franco-libanais Amin Maalouf, l’écrivain Erik Orsenna, le médecin et écrivain Jean-Christophe Rufin, ainsi que la romancière et essayiste Chantal Thomas.
L’écrivain, qui a acquis la nationalité française en 2024, avait déjà été honoré par l’Académie le 4 décembre, recevant le prix mondial Cino del Duca trois semaines après sa libération, survenue le 12 novembre.
Concernant sa libération, il a déclaré lundi à Strasbourg : « Je suis un peu euphorique parce que je goûte à la liberté, des petites choses. Je ne parle pas des grandes. Des petites choses. Des bons petits repas, des petits trucs. Vous n’imaginez pas comme les petites choses sont de grands plaisirs ».
Sa vie a changé le 16 novembre 2024 lorsqu’il a été arrêté à son arrivée à Alger en provenance de Paris, puis emprisonné. Cette arrestation a suscité une forte émotion en France et a déclenché une campagne en faveur de cet opposant aux jihadistes et critique virulent du gouvernement algérien. Il a été condamné à cinq ans de prison pour « atteinte à l’unité nationale » suite à des déclarations qu’il a faites en octobre 2024 à un média français sur l’Algérie et le Maroc, avant de bénéficier d’une grâce présidentielle accordée par Abdelmadjid Tebboune.
Boualem Sansal est l’auteur d’une trentaine de romans, recueils de nouvelles et essais depuis 1999. Il a reçu le grand prix du roman de l’Académie française en 2015 pour « 2084. La fin du monde » (Gallimard), une œuvre inspirée du roman classique de George Orwell, « 1984 », qu’il a co-reçu avec l’écrivain franco-tunisien Hédi Kaddour. Parmi ses autres œuvres notables figurent « Rue Darwin », « Le Village de l’Allemand » et « Vivre ».
Lors de son intervention à Strasbourg, il a évoqué sa perspective sur la langue française dans son ouvrage « Le français, parlons-en! » (Cerf), publié en 2024, précisant qu’il estime qu’il faut « redéfinir beaucoup, beaucoup de termes ».
Fondée en 1635 par Richelieu, alors ministre du roi Louis XIII, l’Académie française a pour mission de « donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences ». Elle est également responsable de la rédaction d’un dictionnaire et de l’énoncé des règles orthographiques. En novembre, l’Académie avait élu deux nouveaux membres, les écrivains Florian Zeller et Eric Neuhoff.

