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À Minneapolis, les opérations de police de l’immigration continuent.

Une juge a rejeté samedi la demande des autorités démocrates du Minnesota de bloquer les opérations de la police de l’immigration, qui secouent Minneapolis et sont à l’origine de la mort de deux manifestants. Dans une décision en référé de 30 pages, la juge Katherine Menendez a estimé que les arguments des plaignants n’étaient pas suffisants pour accorder un blocage temporaire.


Une juge a décidé samedi, de manière temporaire, de rejeter la requête des autorités démocrates du Minnesota visant à interdire les opérations de la police de l’immigration du gouvernement Trump, qui ont secoué Minneapolis ces dernières semaines et provoqué la mort de deux manifestants.

Depuis plusieurs semaines, des milliers de policiers fédéraux, y compris des agents d’ICE responsables de l’immigration, souvent masqués, multiplient les interventions dans la région de Minneapolis pour arrêter des sans-papiers, afin d’atteindre l’objectif prioritaire du président américain.

Les méthodes employées, perçues comme brutales, ainsi que les décès de deux manifestants, abattus par des agents fédéraux à Minneapolis, ont suscité une forte émotion à l’échelle nationale.

Minneapolis se défend

Dans la plus grande ville du Minnesota, de nombreux manifestants s’exposent régulièrement au froid pour réclamer l’arrêt de ces opérations anti-immigration qui perturbent la vie quotidienne depuis plusieurs semaines.

Avec les villes jumelles de Minneapolis et St Paul, l’État du Minnesota a récemment sollicité la justice fédérale pour empêcher l’afflux d’agents fédéraux dans la métropole, estimant qu’il s’agissait d’une violation des droits de l’État protégés par la Constitution.

Cependant, dans une décision en référé de 30 pages rendue samedi, la juge Katherine Menendez a jugé que les arguments présentés par les plaignants n’étaient pas suffisants pour justifier l’octroi d’un blocage temporaire.

L’administration Trump jubile

La ministre de la Justice de Donald Trump s’est immédiatement réjouie de cette « énorme victoire judiciaire », en soulignant que la juge à l’origine de cette décision avait été nommée par le président démocrate Joe Biden.

« Ni les villes sanctuaires (comme Minneapolis, ndlr) ni les litiges infondés n’empêcheront l’administration Trump d’appliquer la loi fédérale au Minnesota », a-t-elle écrit sur X.

Toutefois, la juge ne s’est pas prononcée sur la question de la légalité de cette vaste opération de la police fédérale, désignée sous le nom de « Metro Surge », qui sera examinée plus en détail dans le cadre de l’examen au fond de la demande.

Espoir pour la plainte au fond

Katherine Menendez a souligné que les requérants avaient présenté des preuves tangibles montrant que « des agents de l’ICE se sont livrés à des contrôles au faciès, semblant interroger des personnes sur leur statut de citoyenneté en fonction de leur race ou de leur origine ethnique supposée, et, dans certains cas, les arrêtant sans base légale. »

« Les plaignants ont démontré de manière convaincante » que les opérations de la police de l’immigration « ont eu, et auront vraisemblablement encore, des conséquences profondes, et même déchirantes » pour les habitants de la région, a-t-elle encore affirmé, sans toutefois se prononcer en faveur des autorités locales démocrates.

Les manifestations continuent

Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a exprimé sa « déception » face à cette décision. Cependant, il a précisé dans un communiqué que « cette décision ne changeait rien à ce que les habitants ont vécu – la peur, les perturbations et les préjudices causés par une opération fédérale qui n’aurait jamais dû avoir lieu. »

Depuis la mort, il y a une semaine, du manifestant Alex Pretti sous les balles des policiers fédéraux, et deux semaines après le décès dans des circonstances similaires de Renee Good, Donald Trump exprime des messages contrastés. En début de semaine, il avait évoqué une désescalade, mais a affirmé vendredi qu’Alex Pretti était un « agitateur ».