L’Iran met ses forces armées en alerte maximale.
Donald Trump a multiplié les menaces d’attaques contre l’Iran depuis la vague de contestation réprimée début janvier. Plus de 6500 personnes, dont 6170 manifestants et 124 enfants, ont été tuées en Iran, selon un bilan actualisé de l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA).
Depuis la répression meurtrière d’une vague de contestation début janvier en Iran, Donald Trump a intensifié ses menaces d’attaques contre la République islamique. Le président américain presse désormais l’Iran d’accepter un accord sur le nucléaire, affirmant vendredi que Téhéran souhaitait parvenir à un tel accord, sans préciser de délai. À Téhéran, le discours reste ferme et défiant.
« Si l’ennemi commet une erreur, cela mettra sans aucun doute en danger sa propre sécurité, celle de la région et celle du régime sioniste », a déclaré Amir Hatami, chef de l’armée iranienne, ajoutant que les forces armées iraniennes étaient « en état d’alerte maximale ». Il a également affirmé que « le savoir et la technologie nucléaires de la République islamique d’Iran ne peuvent être éliminés, même si les scientifiques et les fils de la nation tombent en martyrs », évoquant les bombardements visant des sites nucléaires et des scientifiques iraniens lors de la guerre de douze jours lancée par Israël en juin.
Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a fait savoir la veille qu’il n’excluait pas de participer à des discussions si celles-ci étaient « justes et équitables ». Il a réaffirmé que l’Iran « n’avait jamais cherché à se doter de l’arme nucléaire », mais a précisé que les capacités de défense et les missiles de son pays « ne feraient jamais l’objet de négociations ».
Cette semaine, Donald Trump a menacé l’Iran d’une attaque « bien pire » que les frappes menées contre ses sites nucléaires en juin, lorsque Washington avait soutenu Israël dans son offensive contre l’Iran, soupçonné par les Occidentaux de vouloir acquérir l’arme atomique.
Les pays du Golfe, ainsi que la Turquie, appellent à l’apaisement. Hakan Fidan, ministre turc des Affaires étrangères, a jugé « vitale » la reprise des négociations sur le nucléaire « afin d’apaiser les tensions régionales ».
La pression sur l’Iran a augmenté ces derniers jours avec l’arrivée des forces américaines dans le Golfe et l’inscription par l’Union européenne des Gardiens de la Révolution sur la liste des « organisations terroristes », une décision que Téhéran qualifie d' »insensée ». Cette force est accusée par les Occidentaux d’avoir orchestré la répression du vaste mouvement de contestation, entraînant des milliers de morts.
En cas d’attaque, l’Iran a mis en garde contre une riposte immédiate, rappelant que de « nombreuses » bases américaines dans la région sont à portée de missiles iraniens. Téhéran a également menacé de bloquer le détroit d’Ormuz, point crucial pour les approvisionnements énergétiques mondiaux. Les Gardiens de la Révolution vont mener à partir de dimanche « un exercice naval de tir réel de deux jours », selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), qui a mis en garde contre « tout comportement dangereux ou non professionnel à proximité des forces américaines ».
Alors que certains analystes envisagent que les États-Unis pourraient viser les plus hauts dirigeants iraniens, le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a visité samedi le mausolée de Rouhollah Khomeini à Téhéran. Dans une vidéo diffusée sur son site, M. Khamenei, qui n’était pas apparu en public depuis le 17 janvier, est montré en train de prier.
Affaibli par la guerre de juin 2025, le pouvoir iranien a repris son contrôle sur les manifestations par une répression violente. Le mouvement contestataire, lancé en décembre par des commerçants face à l’effondrement économique, avait pris de l’ampleur le 8 janvier, posant un défi majeur à la République islamique depuis sa création en 1979.
Plus de 6 500 personnes, dont 6 170 manifestants et 124 enfants, ont été tuées en Iran, selon un bilan de l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), qui enquête également sur plus de 17 000 décès supplémentaires potentiels. Les autorités iraniennes admettent que des milliers de personnes ont perdu la vie lors des manifestations, mais affirment que la majorité d’entre elles étaient des forces de sécurité ou des passants touchés par des « émeutiers ».

