France

La France abaisse le seuil de la toxine céréalide dans les laits infantiles.

La France a retenu un seuil de 0,014 μg de céréulide par kilogramme de masse corporelle, remplaçant le seuil précédent de 0,03 μg. Deux enquêtes pénales ouvertes en France après la mort de nourrissons ayant consommé des laits Nestlé rappelés n’ont pas établi de lien direct entre les symptômes et les laits consommés.


« La France a choisi d’anticiper de nouvelles recommandations scientifiques en fixant dès à présent un seuil de 0,014 μg de céréulide par kilogramme de masse corporelle, un niveau de sécurité renforcé par rapport au seuil précédemment appliqué », a déclaré le ministère. Il est à noter que le seuil admis jusqu’à présent pour les laits infantiles était de 0,03 μg par kilogramme de masse corporelle.

Suite à de nombreux rappels de produits de Vitagermine, Lactalis, Nestlé et Danone, plusieurs industriels mettent en cause un fournisseur d’ingrédients chinois, Cabio Biotech, qui produit une huile riche en oméga-6. Cette huile aurait été contaminée par des bactéries Bacillus cereus, capables de produire une toxine, la céréulide, pouvant entraîner vomissements et diarrhées.

« Un facteur de sécurité supplémentaire »

La Commission européenne a missionné cette semaine son agence sanitaire (Efsa) pour donner un avis, le 2 février, sur cette toxine et les seuils à établir. « L’Efsa […] s’est déjà prononcée en faveur de la prise en compte de ce seuil plus bas, basé sur les normes méthodologiques les plus récentes et intégrant un facteur de sécurité supplémentaire pour les nourrissons », a précisé vendredi soir le ministère de l’Agriculture.

Depuis décembre, des rappels de laits infantiles ont été effectués par les marques dans plus de soixante pays, y compris la France, en raison de ce risque de contamination par la céréulide.

« La recherche des bactéries de la famille des Bacillus cereus est systématiquement proposée, mais la céréulide […] ne faisait pas partie des contrôles classiques », avait affirmé la semaine dernière François Vigneau, le directeur industriel des tests alimentaires d’Eurofins. « Dans le contexte actuel des rappels de lait, ce test est en ce moment demandé, car l’ensemble des acteurs des produits laitiers en général et des poudres infantiles en particulier se préoccupent de la situation », avait-il ajouté.

À ce stade, deux enquêtes pénales ouvertes en France, après la mort de nourrissons ayant consommé des laits Nestlé rappelés, n’ont pas établi de lien direct entre les symptômes et les laits consommés.