Tunisie

Touristes étrangers : modifications des bureaux de change en Tunisie

La Banque centrale de Tunisie (BCT) a publié la circulaire n°2026‑02, instaurant un cadre réglementaire renforcé pour les bureaux de change, visant à mieux encadrer les opérations de change manuel. Les bureaux de change doivent conserver les informations relatives aux clients et aux transactions pendant dix ans, y compris les pièces d’identité et les bordereaux de change, afin de permettre des contrôles ultérieurs.

La Banque centrale de Tunisie (BCT) a émis la circulaire n°2026‑02, visant à instaurer un cadre réglementaire plus rigoureux pour les bureaux de change. Cette réforme a pour objectif de mieux réguler les opérations de change manuel, de lutter plus efficacement contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, et d’accroître la transparence du secteur, notamment pour les touristes étrangers échangeant des devises contre des dinars tunisiens.

La nouvelle circulaire oblige les bureaux de change à établir un dispositif interne de vigilance et de suivi proportionné à l’ampleur de leurs activités et au profil de leur clientèle. Les bureaux doivent identifier systématiquement leurs clients en exigeant une pièce d’identité officielle pour chaque transaction et vérifier les usagers contre les listes nationales et internationales liées à des risques de terrorisme ou de sanctions. Le suivi des opérations atypiques ou suspectes et la déclaration obligatoire de ces transactions à la Commission tunisienne des analyses financières (CTAF) font également partie des nouvelles exigences.

Les bureaux de change sont tenus de conserver les informations relatives aux clients et aux transactions pendant une durée de dix ans, y compris les pièces d’identité et les bordereaux de change, afin de permettre d’éventuels contrôles ultérieurs. De plus, le personnel doit être formé à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. La Banque centrale se réserve également le droit d’imposer des sanctions administratives, allant de l’avertissement jusqu’au retrait d’agrément, en cas de non‑conformité.

Ces règles s’appliquent à tous les bureaux de change agréés, ainsi qu’à tous les clients effectuant des opérations de change manuel, qu’il s’agisse de touristes étrangers souhaitant acquérir des dinars, de résidents ou de non‑résidents échangeant des devises, ou de personnes réalisant des transactions d’un montant significatif ou considérées à risque.

Ce qui change pour les touristes étrangers

Concrètement, la réforme entraîne plusieurs modifications pour les touristes étrangers. La présentation d’une pièce d’identité valide est désormais obligatoire pour effectuer toute transaction, même pour de petits montants. Chaque opération est enregistrée et traçable, ce qui renforce la transparence des flux de devises et diminue le risque d’abus ou de blanchiment. Les bureaux de change peuvent refuser des opérations si l’identification ou la finalité de la transaction ne sont pas claires. Bien que la circulaire ne prévoie pas de frais supplémentaires, ces nouvelles procédures peuvent prolonger le temps nécessaire à l’exécution des opérations.

La Banque centrale précise que cette réforme est intégrée dans un effort national visant à consolider la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la prolifération des armes. Elle vise également à aligner la réglementation tunisienne sur les normes internationales, en particulier celles du Groupe d’action financière (GAFI), et à assainir le marché des changes en restreignant la circulation informelle des devises.

Dans un cadre plus large, la réglementation tunisienne stipule déjà que toute somme en devises égale ou supérieure à 20 000 TND doit être déclarée à l’entrée ou à la sortie du territoire, conformément au code des changes et du commerce extérieur. La circulaire n°2026‑02 ne modifie cependant ni le taux de change du dinar, ni les plafonds légaux concernant l’importation ou l’exportation des devises, mais se concentre sur la gouvernance, la transparence et la conformité des opérations de change manuel.

En somme, la Banque centrale tunisienne a mis en place une réglementation plus stricte pour les bureaux de change, visant à améliorer la vigilance, la traçabilité et la conformité réglementaire. Ces mesures impactent tous les clients, y compris les touristes, et s’inscrivent dans un cadre élargi de lutte contre le blanchiment d’argent et de renforcement de la crédibilité du système financier tunisien à l’international.