L’IA Genie de Google provoque un krach boursier absurde.
Google a dévoilé cette semaine Genie 3, un modèle de recherche accessible via l’abonnement « AI Ultra » à 250 euros par mois. Selon un récent sondage de la GDC, plus de 50 % des créateurs estiment que l’IA générative est une mauvaise chose pour l’industrie.

Il n’en faut pas beaucoup pour perturber les marchés financiers. Cette semaine, Google a présenté Genie 3, la nouvelle version de son « modèle de monde » expérimental.
Pour aller plus loin
Google permet de générer des copies peu esthétiques de Zelda: Breath of the Wild, mais le potentiel est présent.
Peu après, l’action de Take-Two, l’éditeur de GTA, a chuté de 9 %. Unity, le moteur de jeu, a dégringolé de 20 %. Même Nintendo a vu son action perdre 5 %.
Les investisseurs imaginent déjà que le développement de jeux vidéo va devenir considérablement moins coûteux grâce à l’intelligence artificielle. Ils perçoivent cet outil comme la fin des studios de développement et des productions élaborées.
Cependant, comme vous pouvez l’imaginer, il reste encore un long chemin à parcourir. Project Genie représente une démonstration technique impressionnante, mais c’est avant tout un prototype qui révèle les limites actuelles de l’IA générative appliquée à l’interactivité.
Un simulateur de pixels plus qu’un moteur de jeu
Il convient d’examiner ce que propose effectivement Google. Genie 3 n’est pas un logiciel à installer sur votre PC. Il s’agit d’un modèle de recherche accessible uniquement par le biais de l’abonnement « AI Ultra » à 250 euros par mois.
Pour cette somme, il est possible de saisir un prompt tel que « jeu de course en 3D avec des voitures en plastique », et l’IA génère un flux vidéo avec lequel vous pouvez interagir.

Les expériences générées par Genie sont limitées à une minute de gameplay. La définition maximale est de 720p, avec une fluidité de 24 images par seconde.
Techniquement, l’IA ne produit pas de la 3D au sens traditionnel : elle prédit l’image suivante en fonction de vos actions, ressemblant à une vidéo YouTube interactive et dynamique. Bien que cela soit impressionnant, le résultat demeure flou, instable, et manque cruellement de cohérence lorsque l’action s’intensifie.
Certains testeurs ont réussi à engendrer des niveaux évoquant très fortement Mario 64 ou Zelda. Cela a d’ailleurs choqué la communauté : Google simule des univers protégés par le droit d’auteur sans montrer de scrupules.
En réponse, Google a rapidement restreint son outil pour empêcher les utilisateurs de demander explicitement du contenu de Nintendo. Toutefois, le mal est fait, et la question de l’utilisation des données d’entraînement reste un sujet de préoccupation majeur.
La déconnexion totale des marchés financiers
Le marché de Wall Street a également réagi. La chute de 20 % de l’action d’Unity à cause d’un outil qui génère des séquences de 60 secondes en basse définition illustre parfaitement l’irrationalité des marchés boursiers. Les investisseurs confondent « générer une image en mouvement » et « créer un système de jeu ».

Un jeu vidéo, ce n’est pas uniquement des graphismes. Cela implique un équilibrage, une conception de niveaux réfléchie, une narration, et surtout une stabilité technique incontestable. Actuellement, Genie 3 n’est pas en mesure de maintenir la cohérence d’un environnement.
Dans une démonstration de course, le circuit change littéralement de forme pendant que vous conduisez. Il s’agit d’un contenu généré à la chaîne, sans âme et sans structure.
Les développeurs deviennent de plus en plus hostiles face à ces outils qui menacent leurs emplois tout en s’appropriant leurs œuvres. Selon un récent sondage de la GDC, plus de 50 % des créateurs estiment que l’IA générative représente une mauvaise chose pour l’industrie.
Cependant, certains dirigeants de studios, à l’instar de ceux de Stellar Blade, commencent à affirmer qu’une personne pourra bientôt accomplir le travail de cent. Ce discours alimente la panique des investisseurs et la colère des créatifs.

