La peine de mort écartée pour Luigi Mangione, accusé du meurtre d’un patron d’assurance américain
Luigi Mangione, suspecté du meurtre du directeur de UnitedHealthcare, a vu deux chefs d’accusation pour lesquels le parquet requérait la peine de mort rejetés par une juge fédérale de Manhattan. La date du procès au niveau de l’État de New York n’a pas encore été fixée, tandis que la sélection des jurés du procès fédéral doit commencer le 8 septembre et les débats le 13 octobre.
Retournement de situation pour Luigi Mangione, accusé du meurtre du dirigeant du plus grand groupe d’assurance santé américain à New York en 2024. Ce jeune homme de 27 ans ne sera pas condamné à la peine de mort, mais risque toujours l’emprisonnement à vie. Une juge fédérale de Manhattan a rejeté vendredi les deux chefs d’accusation pour lesquels le parquet demandait la peine capitale : le meurtre et l’utilisation d’un pistolet équipé d’un silencieux.
Deux chefs d’accusation de harcèlement, relatifs à la traque de la victime, demeurent néanmoins, passibles de la réclusion à perpétuité. En outre, Mangione est toujours inculpé pour meurtre dans une autre affaire au niveau de l’État de New York, où il risque également la prison à vie. Dans les deux affaires, il a plaidé non coupable des accusations formulées à son encontre.
La juge fédérale Margaret Garnett a précisé dans sa décision que son choix « vise uniquement à écarter la peine de mort comme châtiment que le jury pourrait envisager », conformément aux « directives de la Cour suprême » des États-Unis. Interrogée sur l’état d’esprit de son client lors d’une conférence de presse devant le tribunal, l’avocate de la défense, Karen Friedman Agnifilo, a déclaré : « nous sommes tous très soulagés », ajoutant avoir « remercié la cour pour cette décision incroyable ».
Contacté par l’AFP, le bureau du procureur de Manhattan n’a pas souhaité commenter. La juge a accordé au parquet jusqu’au 27 février pour interjeter appel, selon des médias américains. La sélection des jurés pour le procès fédéral est prévue pour débuter le 8 septembre, avec des débats à partir du 13 octobre. La date du procès au niveau de l’État n’a pas encore été fixée. Dans ce dossier, les avocats de la défense ont réussi à faire annuler les accusations de « terrorisme ».
Luigi Mangione est accusé d’avoir tiré froidement sur le directeur de UnitedHealthcare, Brian Thompson, 50 ans, dans une rue de Manhattan le 4 décembre 2024. Fils d’une famille aisée de Baltimore (Maryland), il s’était ensuite enfui avant d’être arrêté cinq jours plus tard dans un McDonald’s en Pennsylvanie, situé à environ 370 kilomètres du lieu du crime. Les preuves retrouvées dans un sac à dos au moment de son arrestation (un pistolet, un silencieux, un chargeur avec des balles enveloppées dans des sous-vêtements et un cahier rouge décrit comme un « manifeste ») seront examinées lors de son procès fédéral, a également tranché la juge Garnett vendredi.
La défense de Luigi Mangione a soutenu que la fouille n’avait pas été effectuée dans les règles. La décision de la justice de ne pas retenir la peine de mort constitue un revers pour les directives de l’administration de Donald Trump. En avril 2025, la ministre de la Justice, Pam Bondi, avait publiquement exhorté les procureurs fédéraux à réclamer cette peine contre le jeune homme, ainsi que « chaque fois que ce sera possible », dans d’autres affaires à travers le pays. Le prédécesseur de l’actuel président américain, Joe Biden, avait suspendu l’application de la peine de mort au niveau fédéral.

