Iran : Mohammad Pakpour, chef des Gardiens de la révolution.
Les ministres des Affaires étrangères européens ont désigné le Corps des Gardiens de la révolution (CGRI) comme « organisation terroriste » jeudi. En 2017, l’Iran a envoyé des forces en Syrie pour soutenir le régime de Bachar al-Assad dans sa lutte contre les groupes rebelles armés et djihadistes.
Les ministres des Affaires étrangères européens ont désigné jeudi le Corps des Gardiens de la révolution (CGRI) comme une « organisation terroriste ». Cette unité est l’armée idéologique de la République islamique d’Iran, comptant près de 200 000 membres. En juin dernier, le guide suprême Ali Khamenei a nommé Mohammad Pakpour à sa tête, en remplacement de Hossein Salami, tué durant la guerre de 12 jours avec Israël.
Dès sa nomination, il a tenu des propos menaçants à l’égard d’Israël, promettant « les portes de l’enfer ». Il a affirmé que « Le criminel et illégitime régime sioniste connaîtra un destin amer et douloureux, aux conséquences énormes et destructrices ». Cette guerre s’est conclue par l’annonce d’un cessez-le-feu par Donald Trump après 12 jours de conflit.
Mohammad Pakpour est né en 1961 à Arak, dans l’ouest de l’Iran. Titulaire d’un doctorat en géographie politique, il a rejoint les Gardiens de la révolution islamique juste après la révolution iranienne de 1979. Il est un vétéran de la guerre Iran-Irak, qui a duré huit ans, et a également combattu contre la rébellion kurde.
Promu général, il a été nommé commandant de l’armée de terre des Gardiens de la révolution. En 2017, l’Iran a déployé des forces en Syrie pour soutenir le régime de Bachar al-Assad face aux groupes rebelles et djihadistes. Il avait déclaré : « Nous enverrons des conseillers dans tous les domaines et offrirons toute l’aide dont nous disposons afin que le front de la résistance ne se brise pas. »
Deux ans plus tard, les États-Unis ont inscrit les Gardiens de la révolution sur leur liste des « organisations terroristes étrangères », imposant des sanctions financières à huit hauts gradés, dont Mohammad Pakpour, sanctionné pour son intervention en Syrie « à l’appui du régime brutal d’Assad ». Son compte Instagram a également été bloqué.
Les Occidentaux accusent maintenant les Gardiens de la révolution d’avoir orchestré la répression, début janvier, d’un important mouvement de contestation ayant causé des milliers de morts, voire des dizaines de milliers. Cette force « fonctionne comme une armée d’élite avec des moyens terrestres, maritimes, aérospatiaux mais elle est mieux entraînée, mieux équipée, et mieux payée que l’armée » régulière, selon une source diplomatique occidentale souhaitant rester anonyme.
Depuis des semaines, Donald Trump intensifie la pression sur Téhéran, menaçant de nouvelles attaques américaines après celle de juin, en lien avec la répression des manifestations et pour forcer Téhéran à conclure un accord sur son programme nucléaire.
À l’occasion de la célébration nationale des Gardiens de la révolution islamique, Mohammad Pakpour a réagi en déclarant : « Le Corps des Gardiens de la révolution islamique et notre cher Iran ont le doigt sur la gâchette, plus préparés que jamais, prêts à exécuter les ordres et mesures du guide suprême, un leader qui leur est plus cher que leur propre vie. »

