La France ne va pas livrer Saint-Pierre-et-Miquelon au Canada.
Le 21 janvier, Annick Girardin, sénatrice de Saint-Pierre-et-Miquelon, a posé une question au gouvernement concernant un projet de transfert au Canada du contrôle d’une partie de l’espace aérien de l’archipel. Selon les données de l’INSEE, un peu moins de 6.000 personnes habitaient sur l’archipel au 1er janvier 2025.
L’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon serait prochainement sous le contrôle du Canada, selon des internautes sur les réseaux sociaux. Un utilisateur de X écrit : « Le Canada menace Saint-Pierre-et-Miquelon », après avoir mentionné Emmanuel Macron. Sur Facebook, un autre s’exclame : « Saint-Pierre-et-Miquelon « offerte » au Canada ! ».
Des responsables politiques ont réagi, notamment alors que l’intérêt de Donald Trump pour le Groenland persiste. Florian Philippot, président des Patriotes, dénonce : « Macron poursuit son œuvre de destruction méthodique de la France en bradant les territoires de la France d’Outre-mer ! ». François Asselineau, de l’UPR, s’interroge : « Macron veut-il se débarrasser de Saint-Pierre-et-Miquelon ? »
Ces réactions font suite à une question d’Annick Girardin, sénatrice de Saint-Pierre-et-Miquelon, posée le 21 janvier au Sénat concernant un projet gouvernemental. Ce projet vise à transférer au Canada le contrôle d’une partie de l’espace aérien de l’archipel. Faisons le point.
Avant d’entrer dans les détails, une précision géographique : Saint-Pierre-et-Miquelon est un archipel autonome situé au large des côtes Est du Canada, dont la souveraineté appartient à la France. D’après l’INSEE, l’archipel comptait moins de 6.000 habitants au 1er janvier 2025.
Revenons à la question posée par Annick Girardin. La réponse fournie par Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, offre des précisions. « Aujourd’hui à Saint-Pierre-et-Miquelon, deux types de contrôles » sont effectués par la France. Le premier est le « contrôle d’aérodrome », exercé jusqu’à 2.000 pieds (environ 600 mètres d’altitude), et le second, le « contrôle d’approche », de 2.000 à 6.000 pieds (soit environ 600 à 1.800 mètres d’altitude). C’est ce dernier qui est pertinent ici.
Concernant le projet de transfert, la France ne conserverait que le « contrôle d’aérodrome », c’est-à-dire la zone aérienne située entre le sol et 2.000 pieds. Cela signifie « contrôler les décollages et les atterrissages », selon Gérard Feldzer, ancien pilote de ligne, actuellement président de l’association Aviation Sans Frontières.
Le Canada, qui gère déjà la zone aérienne entre 6.000 et 18.000 pieds (de 1.800 à 5.500 mètres d’altitude) – la zone « de route » -, serait chargé du « contrôle d’approche », augmentant ainsi son espace de compétence. Cela change-t-il la donne ? « Pas vraiment », répond Gérard Feldzer. « Hormis l’altitude à laquelle se trouve l’avion, le contrôle de route et celui d’approche servent tous les deux à réguler le trafic aérien ».
Pour le gouvernement français, cet arrangement représente surtout une opportunité d’économies. Dans sa réponse à Annick Girardin, la ministre déléguée n’hésite pas à l’affirmer : « Il s’agit de rationaliser, de simplifier, de réduire les coûts sur un territoire ».

