France

Falaise effondrée en Sicile : des communes françaises en danger.

Dimanche dernier, une tempête a provoqué l’effondrement d’une falaise de 4 kilomètres à Niscemi, forçant l’évacuation de plus de 1.000 personnes. Une étude gouvernementale recense 126 communes les plus menacées par le recul du littoral en France, où près d’1,5 million d’habitants vivent dans 864 zones vulnérables aux submersions marines et à l’érosion.


En Sicile, les habitants de Niscemi ont ressenti un fort tremblement de terre. Dimanche dernier, une tempête a entraîné l’effondrement spectaculaire d’une falaise sur une distance de 4 kilomètres, mettant des maisons en danger au bord du vide et obligeant l’évacuation de plus de 1.000 personnes. Bien qu’il n’y ait pas eu de victimes, les images témoignent de l’ampleur des dégâts : voitures suspendues, routes détruites. Ce drame a été évité de justesse et constitue également un signal d’alerte pour la France, où certaines communes, qu’elles soient côtières ou situées à l’intérieur des terres, font face à des risques d’effondrement similaires.

Les images provenant de Sicile rappellent des incidents survenus en France. En Isère, un pan de montagne s’est écroulé en juillet 2024 sur une route départementale, sans faire de blessés, mais bloquant la circulation. Dans les Alpes de Haute-Provence, sur la commune des Mées, un bloc de pierre s’est effondré en 2019, détruisant trois maisons et causant deux blessés, à la suite de fortes pluies. En Bretagne, à Douarnenez, fin décembre dernier, des pluies torrentielles ont affaibli des falaises, entraînant des glissements, d’après les rapports d’Ici (ex-France Bleu). Toujours selon Ici, sur la corniche basque, entre Hendaye et Ciboure, un nouveau glissement de terrain s’est produit en début d’année, endommageant la route.

Ces incidents mettent en lumière une situation urgente : tant en France qu’en Sicile, les conditions climatiques et l’activité humaine exacerbent les instabilités géologiques, suscitant des préoccupations chez les résidents. La côte est particulièrement vulnérable. Une étude gouvernementale relayée par Novethic identifie les 126 communes les plus menacées par le recul du littoral, parmi lesquelles figurent Biarritz, Saint-Jean-de-Luz et Quiberon.

Près de 1,5 million d’habitants vivent dans 864 zones à risque face aux submersions marines et à l’érosion. Les prévisions sont alarmantes : d’ici 2050, 15.000 biens immobiliers pourraient être submergés. En 2100, une propriété côtière sur dix serait menacée.

Dans les zones intérieures, les mouvements de terrain représentent le principal risque. Il s’agit du deuxième risque naturel majeur après les inondations, affectant 19.800 communes (soit 55 % du territoire), selon les informations disponibles sur le site gouvernemental notre-environnement. Entre 1900 et 2020, 63.000 événements ont été enregistrés : 40 % concernaient des effondrements, 25 % des glissements et 22 % des chutes de blocs. Les sols argileux sont particulièrement vulnérables : le gonflement dû à la sécheresse peut provoquer des fissures dans les bâtiments, entraînant même des effondrements, d’après Georisques ; 10,4 millions de maisons individuelles sont à risque.

En tout, sur les 240.000 reconnaissances de l’état de catastrophe naturelle enregistrées entre 1982 et 2023, 35 % sont dues aux mouvements de terrain.