Le taux des bénéficiaires effectifs de l’assurance maladie obligatoire atteint 70%
Le rapport annuel de la Cour des comptes au titre de 2024-2025 a révélé que le nombre global des personnes immatriculées à l’assurance maladie obligatoire a atteint près de 31,94 millions de personnes à fin 2024, tandis que le nombre total des bénéficiaires effectifs n’a pas dépassé 25,6 millions de personnes. En 2024, le secteur privé s’est approprié près de 91% des dépenses des prestations de soins des régimes AMO, contre 9% seulement pour le secteur public.
Le rapport annuel de la Cour des comptes pour la période 2024-2025 a indiqué que, bien que le nombre total d’assurés à l’assurance maladie obligatoire (AMO) ait enregistré une hausse significative, atteignant près de 31,94 millions de personnes à la fin de 2024, le nombre de bénéficiaires effectifs est resté limité à 25,6 millions, ce qui correspond à un taux de couverture effectif d’environ 70% (sans prendre en compte les régimes spécifiques de couverture).
La Cour a signalé que, malgré les efforts visant à maintenir l’équilibre financier des régimes de l’AMO, la plupart d’entre eux (sauf celui des salariés du secteur privé) souffrent de déséquilibres financiers. Ces déséquilibres sont surtout attribués à l’absence de mécanismes efficaces pour contrôler les dépenses de l’AMO, qui ont augmenté de plus de 83% entre 2022 et 2024, tandis que les ressources n’ont crû que de 36%.
Le rapport a également souligné que les établissements de santé publics restent peu attractifs pour les assurés. En 2024, le secteur privé a représenté près de 91% des dépenses liées aux soins des régimes AMO, contre seulement 9% pour le secteur public.
En ce qui concerne l’aide sociale directe, mise en œuvre depuis décembre 2023, les charges directes associées ont atteint environ 24,89 milliards de dirhams en 2024. Ce montant comprend 9,13 milliards de dirhams pour les allocations forfaitaires, 15,04 milliards de dirhams pour la protection contre les risques liés à l’enfance, 45 millions de dirhams pour les allocations de naissance et 670 millions de dirhams pour l’aide supplémentaire liée à la rentrée scolaire.
Face aux défis de la réforme de la protection sociale, la Cour a recommandé de renforcer toutes les instances impliquées dans la gestion du système de protection sociale, de mettre à jour et d’évaluer les mécanismes de ciblage existants, ainsi que d’effectuer des évaluations périodiques sur l’efficacité des divers éléments de la protection sociale. Elle a également appelé à mobiliser et diversifier les sources de financement durables pour les composantes de la protection sociale, à développer et moderniser les établissements de soins de santé publics, et à assurer la coordination entre la politique de protection sociale et les autres politiques économiques et sociales.

