Performances et contre-performances : Bilan à l’heure actuelle
La finale de la CAN 2025 a abouti à une défaite du Maroc face au Sénégal, marquée par des décisions contestables de Walid Regragui qui ont conduit à des erreurs graves. Au total, Walid Regragui a dirigé les Lions de l’Atlas lors de 46 rencontres, remportant 33 matchs, pour 9 nuls et 4 défaites, avec 91 buts marqués et 18 encaissés.
La finale de la CAN 2025 a profondément déçu les Marocains. Plus de dix jours se sont écoulés depuis cet événement, permettant à la colère de s’estomper et aux tribunes de se taire, suspendant les réactions émotive provoquées par la défaite. Aujourd’hui, c’est dans une réflexion posée que l’on peut analyser cet échec survenu à un dernier pas du titre continental si convoité. Cette analyse révèle que l’échec ne représente pas qu’une simple occasion manquée, mais signale plutôt une rupture dans un projet, mettant en lumière des failles profondes à un moment où tout semblait possible.
Il convient de rappeler que Walid Regragui n’est pas un entraîneur ordinaire. Il a conduit le Maroc à une demi-finale de Coupe du monde, redonnant crédibilité et confiance à une équipe. Son palmarès témoigne de son succès : sur 46 matchs, il a accumulé 33 victoires, 9 nuls et 4 défaites, inscrivant 91 buts pour 18 encaissés. Cependant, les performances d’une sélection se jugent aussi dans les moments cruciaux. Et c’est là que la situation s’est détériorée.
La CAN à domicile était plus qu’un tournoi habituel. Elle représentait une promesse aux supporters et aux joueurs d’un pays ayant investi émotionnellement et symboliquement dans cette compétition. Si perdre n’était pas impensable, le faire de cette manière soulève des interrogations. Le Maroc avait tous les atouts pour triompher : le statut, l’élan, l’avantage du terrain, et des joueurs aguerris. Mais il manquait ce qui distingue un grand entraîneur : la capacité à gérer le moment décisif avec lucidité. La finale contre le Sénégal a été perdue non pas à cause d’un détail, mais à cause d’une série de décisions contestables de Walid Regragui, certaines étant des erreurs que le haut niveau ne pardonne pas.
Un exemple marquant de cette gestion est survenu lors des prolongations, où Walid Regragui a choisi de faire entrer Hamza Igamane à la 95ème minute. Trois minutes plus tard, cet attaquant a dû quitter le terrain en raison d’une rupture des ligaments croisés, laissant le Maroc à dix durant la fin des prolongations. Cette décision a annihilé toute chance de revenir au score après l’ouverture de Pape Gueye. Ce type d’erreur pourrait être considéré comme une faute professionnelle au plus haut niveau.
Ce n’est cependant pas un incident isolé. La gestion globale du tournoi a soulevé des préoccupations. À l’annonce des joueurs convoqués, neuf d’entre eux étaient annoncés comme blessés ou fragile. Dans une équipe ambitieuse, cela est inacceptable, surtout dans un tournoi à domicile. Ce constat devient alarmant lorsque l’on considère que de tels choix ont affaibli l’équipe sur le terrain lorsqu’elle avait le plus besoin de ses ressources.
Il est préoccupant de constater que certains joueurs ont été sélectionnés malgré des conditions physiques incertaines. L’exemple de Romain Saïss, blessé après seulement 15 minutes lors du premier match, a souligné le handicap d’avoir perdu un élément clé dès le début du tournoi. Cela a entraîné des ajustements urgents dans l’équipe pendant une compétition intense.
Mounir Mohamedi, le gardien, a également représenté un cas à risque, étant blessé durant le tournoi. Son opération de l’épaule a eu lieu deux jours après la fin de la compétition, indiquant que sa condition n’était pas suffisante pour assurer la sécurité de son poste. D’autres joueurs comme Adam Masina ont également dû sortir blessés en finale, perturbant l’équilibre dont l’équipe avait besoin.
Au milieu, Azzedine Ounahi et Sofyan Amrabat ayant manqué des rencontres importantes, ont réduit la créativité de l’équipe. Amrabat, convoqué sans être à 100%, a été nécessaire lors de moments cruciaux mais n’a pas pu contribuer à cause de sa condition physique. Les absences de profils comme Soufiane Rahimi et Ilyas Akhomach, également touchés par des blessures, ont aggravé cette situation.
Achraf Hakimi, bien qu’étant une exception, souligne la nécessité que de telles décisions restent limitées pour ne pas compromettre l’équilibre du groupe.
À ces choix sportifs s’ajoute la gestion de la sphère publique, notamment l’épisode où Walid Regragui a affiché sa colère envers Brahim Díaz après un penalty manqué en finale. Ce type de réaction a choqué et évoque une faute de management, exposant un joueur au moment le plus critique de sa carrière.
Cette dynamique montre que la force émotionnelle de Regragui a parfois perturbé la cohésion du groupe. Cela soulève des questions sur la durabilité de son leadership, car l’émotion ne doit pas interférer avec les décisions collectives au haut niveau.
Il est d’autant plus crucial de rappeler que Walid Regragui avait conditionné son avenir à une victoire au tournoi, déclaration qu’il a faite avant même le début de la compétition. Cela inscrit une pression élevée, car échouer à remporter la CAN devait signifier une séparation de son poste, illuminant la question de la responsabilité.
La demande de départ de Regragui ne signifie pas renier son apport, mais se base sur des attentes devenues extrêmes en raison de ses réussites passées. Le football est aussi une question de timing : savoir quand partir est tout aussi essentiel que de savoir gagner. Pour préserver l’héritage qu’il a laissé, il pourrait être nécessaire que Walid Regragui assume la logique qu’il a lui-même introduite, non pas comme une fuite, mais comme un acte de responsabilité.
Il est donc impératif de conclure que Walid Regragui doit quitter son poste. Ses erreurs, notamment celle ayant conduit à jouer à dix pendant une finale, et sa gestion de l’effectif ont sapé la force de l’équipe. Un cycle, même victorieux, appelle à un renouveau. Le Maroc ne doit pas rester englué dans un passé glorieux mais apprendre à exceller en Afrique avec la même intensité que sur la scène mondiale. Cela nécessite un changement de méthode, et aussi, la réponse que l’entraîneur a lui-même considérée comme logique.
Mehdi Ouassat

