PFAS : coûts pouvant atteindre 1700 milliards d’euros pour l’UE
Selon l’Union européenne (UE), les polluants éternels pourraient lui coûter de 330 milliards d’euros à 1700 milliards d’ici à 2050. La Belgique arrive en tête du classement européen avec 6791 sites identifiés comme pollués ou potentiellement contaminés aux PFAS.
Selon l’ampleur des mesures décidées par l’Union européenne (UE), les polluants éternels pourraient coûter entre 330 milliards d’euros et 1700 milliards d’ici à 2050. Le scénario le plus onéreux inclut une dépollution extensive des sols et le traitement des eaux usées pour garantir le respect des normes environnementales strictes concernant une vingtaine de PFAS.
Le scénario évalué à 330 milliards d’euros englobe un arrêt total de la production et de l’utilisation des PFAS, mais sans traitement supplémentaire de l’eau potable ni traitement spécifique des eaux usées.
La Commission européenne projette d’interdire les PFAS dans les produits courants tels que les boîtes de pizza et les vêtements, avec des exceptions pour certains secteurs stratégiques. Toutefois, sa proposition de loi n’est pas attendue avant fin 2026, et de nombreuses incertitudes persistent concernant les dérogations possibles pour certaines industries.
Pour pouvoir légiférer, l’UE doit d’abord s’appuyer sur deux avis essentiels de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA). Le premier est attendu en mars sur l’évaluation des risques des PFAS, tandis que le second est prévu pour fin 2026 et portera sur l’impact socio-économique d’une interdiction dans l’UE.
Des PFAS partout
Les PFAS sont omniprésents, se retrouvant dans les cosmétiques, les ustensiles de cuisine et les emballages, en raison de leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes et résistance à la chaleur. Ces substances chimiques per- et polyfluoroalkylées se décomposent très lentement, ce qui leur vaut le surnom de « polluants éternels ».
Elles peuvent également causer des effets néfastes sur la santé, comme une hausse du taux de cholestérol, un risque accru de cancers, ainsi que des impacts sur la fertilité et le développement des fœtus.
Avec 6791 sites identifiés comme contaminés ou potentiellement pollués par les PFAS, la Belgique se classe en tête de l’Europe. Cependant, cela résulte en partie d’une méthodologie de suivi intensifiée depuis le scandale de l’usine 3M près d’Anvers et les préoccupations relatives à l’eau de distribution en Wallonie.
Les études de biosurveillance citées dans le rapport montrent également que les adolescents des régions d’Europe occidentale (France, Allemagne, Belgique) et du Nord (Norvège, Suède) présentent des taux de PFAS dans le sang plus élevés que ceux des jeunes d’Europe du Sud (Espagne, Grèce, Slovénie) ou de l’Est (Slovaquie).

