France

La France ne va pas créer 5.000 places de formation pour étudiants infirmiers.

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, est en déplacement à Taissy dans la Marne ce jeudi pour évoquer la réforme du métier d’infirmière et a annoncé la création de plus de 5.000 places de formation en France. Selon l’Ordre national des infirmiers, le pays comptait 565.553 infirmiers et infirmières au 1er mars 2025.


« Redéfinir les missions des infirmières. » Stéphanie Rist, ministre de la Santé, s’est rendue à Taissy dans la Marne ce jeudi pour discuter de la réforme du métier d’infirmière. Lors d’un entretien avec ICI Champagne-Ardenne, elle a présenté plusieurs nouveautés et annoncé la création de plus de 5.000 places de formation en France.

« C’est un travail que l’Etat effectue avec les régions, explique-t-elle. Dans le budget, il y a 215 millions d’euros supplémentaires pour le nombre de places d’étudiants infirmiers. » Dans le Grand-Est, par exemple, 22 millions d’euros supplémentaires seront attribués pour la création de 771 places.

« Moins d’abandons »

Dans le détail, « il s’agira de 5.500 places en instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) », a précisé le ministère de la Santé dans un communiqué consulté par la radio locale. Ces places seront disponibles dès le mois de mai. « On a des jeunes qui souhaitent s’occuper des autres, martèle la ministre. Notre responsabilité, avec les régions, c’est de faire en sorte que ces études se déroulent mieux qu’actuellement pour qu’il y ait moins d’abandons. »

Cet enjeu est crucial, car les besoins en matière de soins en France sont significatifs pour cette profession, qui est exercée à 87 % par des femmes, selon des données de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). D’après l’Ordre national des infirmiers, la France comptait 565.553 infirmiers et infirmières au 1er mars 2025. « Le nombre d’infirmières pourrait augmenter de 37 % pour atteindre 821.000 en 2050 », estime la Drees. Ce chiffre reste insuffisant face aux besoins de santé d’une population vieillissante. « Nous sommes en train de repenser la formation du métier d’infirmière et d’infirmier », assure Stéphanie Rist.

Compétences renforcées

Suite à une loi adoptée en juin et à un décret « socle » définissant dix missions essentielles fin décembre, le gouvernement publiera « au premier semestre » le reste des textes réglementaires. Cette réforme permettra aux infirmières de jouer un rôle élargi et beaucoup plus central dans le système de santé. Jusqu’à présent, elles étaient payées à partir d’une liste d’actes vieille de 20 ans, qu’elles ne pouvaient réaliser qu’avec une prescription médicale préalable. Désormais, les infirmières pourront prendre en charge « directement » les patients dans leur domaine de compétences.

Elles auront notamment la possibilité « d’avoir un rôle plus important dans la lutte contre le tabac » ou de « délivrer des kits de dépistage du cancer colorectal » dès la campagne « Mars Bleu », indique Stéphanie Rist. « Sans infirmière, on ne peut pas soigner les gens. Il était temps de reconnaître le métier », conclut-elle.