France

Immigration : La France ne fait pas face à une « submersion migratoire » en 2025.

Le 27 janvier, le ministère de l’Intérieur a publié des chiffres provisoires de l’immigration en France pour l’année 2025, indiquant que 4,5 millions de titres de séjour étaient en cours de validité l’an dernier. En 2025, 384.000 titres de séjour ont été délivrés pour la première fois, soit 39.000 de plus qu’il y a un an.

Une « submersion migratoire », un « nouveau record historique »… Suite à la publication, le 27 janvier par le ministère de l’Intérieur, des chiffres provisoires de l’immigration en France pour l’année 2025, de nombreuses réactions ont émergé sur les réseaux sociaux.

Certains s’inquiètent du nombre total de titres de séjour en cours de validité, qui s’élevait l’an dernier à 4,5 millions, en le comparant à la population cumulée de Rouen, Caen et Orléans. D’autres appellent à un arrêt total du flux migratoire en France. Cette proposition avait déjà été évoquée trois jours plus tôt par le garde des Sceaux, ancien ministre de l’Intérieur et artisan de la loi immigration, Gérald Darmanin, qui avait suggéré de suspendre « pendant deux, trois ans » l’immigration régulière.

Est-ce exagéré ? Ces données brutes – qui sont pour l’instant provisoires – doivent être mises en perspective.

FAKE OFF

Les chiffres publiée par le ministère de l’Intérieur indiquent en effet une augmentation en France en 2025. Le nombre de détenteurs de titres de séjour en cours de validité a augmenté, passant de 4,33 millions en 2024 à 4,5 millions l’an dernier, ce qui représente une hausse d’un peu plus de 3 %. Un « record », certes, mais qui ne témoigne pas d’une « submersion migratoire ».

Une augmentation liée principalement au contexte géopolitique

Bien qu’une tendance à la hausse soit observée sur les vingt dernières années, les chiffres de 2025 méritent clarification. Sur les 4,5 millions de titres de séjour valides en 2025, 384.000 ont été octroyés pour la première fois. « Soit 39.000 de plus qu’il y a un an », précise le rapport du ministère. Cette hausse est largement attribuable aux demandes d’ordre humanitaire, qui ont augmenté de 133 %.

Parmi ces demandes, 14.400 concernent des Ukrainiens, soit une augmentation de 306 % par rapport à l’année précédente. Par ailleurs, 18.000 proviennent d’Afghans, ce qui représente une hausse de 45,8 % par rapport à 2024. Le contexte géopolitique joue donc un rôle dans cette situation. Le ministère de l’Intérieur indique que les Ukrainiens constituent « la première nationalité à demander l’asile en France ». Les demandes humanitaires arrivent en seconde position parmi les motifs d’obtention d’un titre de séjour, tandis que la première raison, représentant 30,7 %, reste l’étudiant, comme en 2024.

Enfin, l’augmentation du nombre de titres de séjour en 2025 s’explique également par une baisse de la régularisation. Au total, 28.610 étrangers ont été régularisés en 2025, contre 31.250 en 2024.

Un flux migratoire en très légère hausse ces vingt dernières années

Les 4,5 millions mentionnés ne représentent qu’un instantané du nombre de titres de séjour en France. Ils ne correspondent pas au nombre exact d’immigrés présents en permanence sur le territoire français. Comme l’indique le rapport du ministère de l’Intérieur, « un titre [de séjour] reste valide même si son détenteur a quitté la France ; inversement, un ressortissant peut rester en France au-delà de la date de fin de validité de son titre, en attendant un renouvellement ». Il peut alors bénéficier d’un document provisoire de séjour. Il s’agit d’une attestation de prolongation de l’instruction (API) valable trois mois, qui peut être renouvelée tant que la préfecture n’a pas statué sur la demande de renouvellement.

Pour une vision plus précise de la réalité, il est préférable d’examiner le solde migratoire, qui prend en compte à la fois les entrées et les sorties du territoire. Entre 2006 et 2021, il fluctue entre + 0,26 %, il y a vingt ans, et + 0,23 % en 2021, pour la donnée la plus récente, avec un « pic » en 2016 et 2018 à + 0,33 %. Des chiffres qui incitent à relativiser une prétendue « vague » migratoire incontrôlable.