Reconnaissance de la Palestine : la Belgique n’attend plus Donald Trump
La Belgique reconnaîtra officiellement l’État de Palestine devant l’assemblée générale de l’ONU, mais la reconnaissance formelle par un arrêté royal est soumise à deux conditions : « que le dernier otage ait été libéré » et « que les organisations terroristes, telles que le Hamas, aient été écartées de la gestion de la Palestine ». Maxime Prévot a déclaré dans son communiqué que « la seconde condition n’est malheureusement pas encore remplie, ni dans sa lettre ni dans son esprit ».
Un compromis sur la reconnaissance de la Palestine par la Belgique
Pour bien comprendre la situation, revenons sur les événements récents. En septembre dernier, la question de la reconnaissance immédiate de la Palestine a provoqué des tensions au sein du gouvernement De Wever. Une fracture s’est formée entre l’aile de centre-gauche (Vooruit, CD&V et Les Engagés), qui soutenait cette reconnaissance, et l’aile droite (MR et N-VA), qui s’y opposait.
Un compromis a été trouvé : la Belgique reconnaîtra officiellement l’État de Palestine lors de l’assemblée générale de l’ONU, mais la reconnaissance formelle, à travers un arrêté royal, sera soumise à deux conditions : « que le dernier otage ait été libéré » et « que les organisations terroristes, telles que le Hamas, aient été écartées de la gestion de la Palestine« .
Conditions remplies ? Pas pour Maxime Prévot
De nombreuses voix estiment que ces deux conditions sont désormais satisfaites. Israël a annoncé lundi que le corps du dernier otage israélien présent à Gaza avait été récupéré. Il reste cependant l’autre condition : l’écartement du Hamas de la gestion de la Palestine. À partir de ce point, la situation se complique.
Dans son communiqué, le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, déclare : « L’honnêteté m’impose de constater que la seconde condition n’est malheureusement pas encore remplie, ni dans sa lettre ni dans son esprit« . Il précise que la mise en place du Board of Peace de Donald Trump n’a pas encore permis d’exclure le Hamas de la gestion de Gaza.
Attendre Donald Trump ?
La reconnaissance formelle de la Palestine dépend donc du succès du plan de Donald Trump. C’est ainsi qu’il faut comprendre la position belge. Cependant, cela reste complexe. Bien que la Belgique ait pu soutenir le plan de paix présenté par Donald Trump en septembre devant le Conseil de sécurité, Maxime Prévot s’oppose à ce fameux Board of Peace, nouvel agencement proposé il y a quelques jours à Davos. « Nous ne pouvons« , écrit-il, « aucunement soutenir ni légitimer un modèle de gestion qui ambitionne clairement de remplacer le Conseil de sécurité de l’ONU, un modèle qui, par ailleurs, concentre presque tous les pouvoirs entre les mains d’une seule personne, sans contrepoids« . Maxime Prévot souhaite une « évolution significative de ce conseil afin de reconsidérer la question« .
Si ce Conseil de la paix trumpiste réussit néanmoins dans sa forme actuelle et que le Hamas est écarté du pouvoir, cela devient délicat. La question devra être reposée à Maxime Prévot et au gouvernement belge, mais logiquement, la reconnaissance formelle de la Palestine devrait alors être accordée, ce qui serait interprété comme une reconnaissance de la Palestine selon le modèle de Donald Trump. Or, en examinant les objectifs de ce Conseil de la paix dirigé par Donald Trump, il apparaît que l’intention est non seulement d’écarter le Hamas, mais aussi l’ONU et surtout les Palestiniens eux-mêmes de la gestion de Gaza.
La Palestine serait dès lors formellement reconnue, mais cela équivaudrait également à une reconnaissance formelle du mépris envers le droit international et la souveraineté du peuple palestinien. Cette situation met en lumière la fragilité du compromis trouvé et souligne la faiblesse qui consiste à conditionner une décision souveraine, telle que la reconnaissance d’un État, à des critères que l’on ne peut pas contrôler.

