France

Bretagne : Oiseaux mazoutés retrouvés, l’Erika soupçonné 26 ans après

Les images remontent au mois de décembre 1999, et le 14 décembre, l’Erika sombrait au large de Belle-Ile, entraînant une marée noire qui avait provoqué la mort d’environ 150.000 oiseaux. Depuis l’automne, la Ligue de protection des oiseaux de Bretagne a recueilli 25 oiseaux mazoutés, et « dix-sept depuis le début de l’année 2026 », selon la LPO.


Les images datent de décembre 1999. Cependant, pour les habitants des côtes sud de la Bretagne, ce souvenir reste vivace. À quelques jours de Noël et d’une tempête violente qui allait ravager la France, l’Erika a sombré le 14 décembre au large de Belle-Ile. Une épaisse couche de mazout s’est alors déversée sur plus de 400 kilomètres de côtes, du Finistère à la Vendée. « On était pétrifiés. Il y avait des gens qui pleuraient », se souvient l’ancien maire du Croisic, Christophe Priou. Cette marée noire, l’une des pires de l’histoire de France, a causé la mort d’environ 150 000 oiseaux. Vingt-six ans après ce naufrage, il semble que la carcasse du pétrolier continue de libérer sa cargaison.

Récemment, plusieurs oiseaux mazoutés ont été récupérés dans le Finistère Sud, comme l’a rapporté le quotidien 20 Minutes, confirmant une information de RTL. Ce qui est encore plus surprenant, c’est l’origine de cette pollution. Selon le CEDRE, le Centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux, le mazout proviendrait de l’Erika.

Depuis l’automne, la Ligue de protection des oiseaux de Bretagne a recueilli 25 oiseaux mazoutés. « Ce n’est pas nouveau », admet Romain Morinière, responsable de la station LPO de l’Ile Grande qui s’occupe des animaux blessés. En revanche, l’origine du mazout est plus problématique. « J’ai posé la question aux plus anciens. Personne n’a souvenir de traces de pétrole rejeté par l’Erika depuis le naufrage de 1999. En Bretagne, ce nom fait peur », reconnait le scientifique.

Il n’y a pas de panique pour l’instant, mais la vigilance est de mise, surtout que le nombre d’oiseaux retrouvés mazoutés a augmenté en janvier. « Dix-sept depuis le début de l’année 2026 », indique la LPO. « L’épave repose à 120 mètres de fond. C’est assez fou », témoigne un autre membre de la Ligue de protection des oiseaux. Les espèces les plus touchées sont celles qui vivent principalement à la surface de l’eau, comme les guillemots de Troïl ou le petit pingouin torda. Un fou de bassan a également été soigné.

Les oiseaux mazoutés ne sont pas rares en Bretagne. Depuis 2019, la station de l’Ile Grande en a traité un peu plus de 400. Tous ne font pas l’objet d’analyses. Cependant, il est fréquent que ces animaux soient victimes d’un autre pétrolier, le Tanio, qui a coulé en 1980 au large du Finistère nord. La partie arrière du navire avait pu être remorquée jusqu’au Havre, tandis que la partie avant avait sombré avec 10 000 tonnes de pétrole à environ 80 mètres de profondeur. Huit membres d’équipage avaient trouvé la mort lors de ce naufrage.

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