Tunisie

Crise libyenne : Saïed maintient son approche lors de la réunion tripartite.

Depuis un peu plus de quinze ans, la Libye vit un état de crise latent qui a poussé la Tunisie et l’Algérie à s’activer pour trouver une solution. Une réunion tripartite a eu lieu, lundi à Tunis, entre les ministères des Affaires étrangères tunisien, algérien et égyptien pour examiner les récentes évolutions de la crise libyenne.


Depuis un peu plus de quinze ans, soit juste après la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye traverse une crise persistante, marquée par des variations, poussant les pays voisins immédiats, notamment la Tunisie et l’Algérie, à s’engager activement pour trouver une solution à cette situation générant des conséquences néfastes pour leur sécurité et leur développement socioéconomique.

En effet, partageant des frontières communes au sud, le duo tuniso-algérien a constamment mené des démarches sérieuses en vue d’un accord impliquant toutes les parties présentes sur la scène libyenne.

Cependant, ces initiatives, qui se poursuivent depuis des années, semblent sur le point de connaître un nouvel élan positif grâce à l’engagement de l’autre voisin immédiat de la Libye, l’Égypte. Cela renforce la détermination d’unir les efforts au profit de la Libye et de l’ensemble de la région.

Ce qui est encourageant, c’est cette volonté d’apaiser la situation en Libye et de s’orienter résolument vers un développement bénéfique pour les peuples des quatre pays, afin de surmonter les différends entre les diverses parties prenantes libyennes.

Un autre signe prometteur réside dans la conviction des gouvernants des trois pays sur la nécessité d’établir un dialogue interlibyen, prenant en considération un consensus entre les différentes composantes politiques libyennes, et respectant les intérêts du peuple libyen ainsi que ses aspirations à la sécurité, à la stabilité et au développement, sans ingérence étrangère.

Cette volonté est désormais clairement visible suite à la réunion tripartite, qui s’est tenue lundi à Tunis, entre les ministères des Affaires étrangères tunisien, algérien et égyptien, pour analyser les récentes évolutions de la crise libyenne et discuter des moyens appropriés pour parvenir à un règlement pacifique.

Soulignant l’importance d’intensifier les concertations et la coordination entre les dirigeants des trois pays, les participants à cette réunion ont réaffirmé leur attachement à ce que la solution de la crise reste libyco-libyenne, sans exclure aucune partie, tout en veillant à ce que cela se déroule sous l’égide de l’Organisation des Nations unies.

Par ailleurs, les mêmes participants ont souligné la nécessité de renforcer les relations économiques entre les différentes régions de la Libye afin de commencer dès maintenant un processus de développement économique durable, globale et inclusif.

Cette réunion a également été l’occasion de rappeler la position constante de la Tunisie sur l’importance d’engager et de soutenir les concertations libyco-libyennes pour faire émerger une solution adaptée aux attentes des Libyens, permettant de dépasser les divisions et d’établir des mécanismes favorables au peuple libyen ainsi qu’aux divers pays de la région maghrébine, qui réunit maintenant quatre pays à poids politique et économique significatif.

Il est important de noter que le Président Kaïs Saïed a toujours plaidé, notamment lors d’une récente rencontre avec le président du Conseil présidentiel libyen, pour une solution émanant de la volonté des Libyens, accompagnée d’un appel au renforcement de la coopération entre les pays voisins.

De plus, il y a plus de quatre ans, juste après le lancement du processus du 25 juillet 2021, le Président de la République a indiqué, lors d’une conférence de presse avec le Président algérien en visite à Tunis, que le règlement de la crise en Libye devrait provenir des Libyens eux-mêmes, qui doivent impérativement être impliqués dans toutes les négociations, tout en évitant une éventuelle internationalisation de la situation.

En tout état de cause, il convient de souligner la fidélité et les principes constants de la politique tunisienne vis-à-vis de la situation en Libye, des principes réaffirmés par le Chef de l’État lors de ses rencontres avec les ministres des Affaires étrangères algérien et égyptien, insistant sur l’importance d’une démarche qui implique d’abord les Libyens, tout en conservant la présence des pays voisins pour accompagner les solutions proposées.