Le contrat controversé de Capgemini avec l’ICE de Donald Trump
L’Observatoire des multinationales et France Télévisions ont révélé les liens commerciaux entre Capgemini Government Solutions LLC, filiale américaine de Capgemini, et l’agence fédérale Immigration and Customs Enforcement (ICE) le 18 décembre, à travers un contrat de 4,8 millions de dollars, renouvelable jusqu’au 15 mars 2026. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a déclaré à l’Assemblée nationale que Capgemini « n’a pas connaissance des contrats signés » par sa filiale américaine, en raison d’une « gouvernance séparée ».
L’expression « l’argent n’a pas d’odeur » semble particulièrement pertinente à la lumière des révélations faites par l’Observatoire des multinationales et France Télévisions concernant les relations commerciales entre la filiale américaine de Capgemini et la controversée police anti-immigration ICE, sous l’administration Trump. Ces nouvelles, qui soulèvent des interrogations, ont conduit le groupe, inscrit au CAC40, à tenter de dissimuler ces informations. Cependant, cela n’a pas empêché la chute de son action à la Bourse de Paris, et Capgemini est désormais surveillé de près par le ministère des Finances.
Dans l’émission L’Œil du 20 Heures de France Télévisions, diffusée mardi, il a été révélé que Capgemini Government Solutions LLC, la filiale américaine de Capgemini, a maintenu des liens commerciaux avec le gouvernement des États-Unis depuis plusieurs années. Cette entité a remporté plusieurs contrats avec le département de la Sécurité intérieure, dont dépend l’agence fédérale Immigration and Customs Enforcement (ICE), tristement célèbre.
### Une récompense d’un montant de 365 millions de dollars
Le dernier marché lancé par le département de la Sécurité intérieure des États-Unis pour ses services de douanes et d’immigration a été partiellement attribué à Capgemini Government Solutions le 18 décembre dernier. Comme l’indique le contrat consulté par 20 Minutes, l’objectif est de fournir un « service de skip tracing national » à l’ICE, c’est-à-dire de localiser les migrants afin de transmettre les informations nécessaires à leur arrestation et leur expulsion. Ce contrat, en vigueur jusqu’au 15 mars 2026, est d’une valeur de 4,8 millions de dollars (environ 4 millions d’euros) et comporte une clause de « montant de récompense potentiel » d’un montant atteignant 365,8 millions de dollars.
L’Observatoire des multinationales souligne que Capgemini Government Solutions LLC avait jusqu’à récemment revendiqué son partenariat avec l’ICE. Toutefois, cette information a disparu du site internet de l’entreprise. Néanmoins, le contenu du web conserve une mémoire quasi infinie. Une archive de cette page, consultée par 20 Minutes, révélait que Capgemini se vantait de fournir « des services essentiels de planification, de reporting et d’analyse à l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) », en particulier pour « minimiser le temps et les coûts nécessaires à l’expulsion de tous les étrangers illégaux des États-Unis ».
### Chute de l’action à la Bourse de Paris
Dans le contexte actuel aux États-Unis, marqué par des incidents mortels impliquant des agents de l’ICE et une contestation croissante de la politique de Trump, les révélations de l’Observatoire des multinationales ont eu des répercussions jusqu’en France, le pays d’origine de Capgemini. Mardi matin, suite à la diffusion de l’émission, l’action du groupe a commencé à chuter, enregistrant une baisse d’environ 6 %.
Mardi, lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a déclaré qu’« quand une entreprise française semble impliquée dans des actions de ce type, la moindre des choses est de lui demander ce qu’il en est ». Il a effectivement interpellé Capgemini à ce sujet, et la réponse fournie par le groupe a suscité l’indignation des députés, car Capgemini a affirmé au ministre qu’il « n’a pas connaissance des contrats signés » par sa filiale américaine en raison d’une « gouvernance séparée ».

