Tennis : Open d’Australie ou Roland Garros, qui remporte l’ambiance ?
Le 28 janvier, Iga Swiatek a affronté Elena Rybakina, tandis que Jessica Pegula a joué contre Amanda Anisimova lors d’une journée marquée par une ambiance très silencieuse. Les supporters français de La Tribune Bleue se sont réunis pour encourager Gaël Monfils lors de son dernier match à Melbourne.
De notre envoyée spéciale à Melbourne
Ce mercredi 28 janvier, le soleil d’Australie brille sans la chaleur accablante des jours précédents. Les passionnés de tennis se rassemblent pour une journée riche en événements : Swiatek, Djokovic et Sinner se produiront sur le court central du Grand Chelem de Melbourne. En tant que spectateur français, plusieurs détails sont frappants : où sont les chapeaux hors de prix ? Les tenues élégantes et les mocassins à glands ? À l’Open d’Australie, le style est le dernier souci des visiteurs. Ici, il ne s’agit pas de faire du flambeau.
Surnommé le « Happy Slam », le tournoi enchante et promet une ambiance sensationnelle. Il se déroule en plein été, à l’autre bout du monde, sous un ciel bleu éclatant. Les fans, détendus, se baladent avec une bière, profitent de la musique live et passent d’un food truck à l’autre pour savourer des mets variés. Il n’est pas surprenant que l’Open d’Australie soit souvent classé numéro un pour son organisation et son ambiance.

Entre tongs et Foire du trône
Si l’on devait résumer l’ambiance australienne en quelques mots, cela serait « Pas de chichis, juste du fun ! ». C’est précisément ce « mood » qui a conquis Mika, un Anglais adepte des Grands Chelems. « Ici, c’est comme un festival, même si je suis Anglais, je pense que c’est mon tournoi préféré. À Paris, c’est trop bourgeois, Wimbledon trop coûteux et à l’US Open, les Américains ne respectent rien, ça sent le cannabis », confie ce passionné de tennis. Alors que Roland-Garros se veut chic pour correspondre à l’image de la France, l’Open d’Australie adopte une approche opposée. Les spectateurs portent des tongs, une vue inconcevable sur la terre battue. Robes fleuries et vêtements colorés envahissent les allées.
En plus de la détente manifeste des visiteurs, l’ambiance en dehors des courts de tennis impressionne. On se croirait au festival Lollapalooza avec des concerts tous les soirs, des dizaines de marques distribuant des goodies et vendant des produits dérivés spécialement conçus pour le tournoi. « Le complexe est immense. Ils essaient d’attirer du public pour le tennis, mais pas uniquement. Il y a des enfants et leurs familles autour d’aires de jeux et des spectateurs qui viennent savourer les offres culinaires. Cela entraîne des records d’affluence battus chaque jour cette année », explique Alix Vimal du Monteil, venue rejoindre le tournoi avec les supporters de l’association La Tribune Bleue. Pour les joueurs, c’est le bonheur : « L’Open d’Australie les gâte et prend en compte leurs demandes. Tout est facilement accessible, bien organisé et la restauration est de qualité. Les joueurs se sentent au centre du tournoi », ajoutait-elle, connaisseuse. Cependant, pour certains fans, cette profusion de marques est jugée « too much ». Michel, un touriste français, murmure : « On se croirait à la Foire du Trône avec toutes ces enseignes ».
Les Français sont arrivés… Et l’ambiance a explosé
Si l’on délaisse l’extérieur des courts pour se concentrer sur l’atmosphère pendant les matchs, la sensation est différente. Pour cette journée qui a débuté par des affrontements entre Iga Swiatek et Elena Rybakina suivis de Jessica Pegula face à Amanda Anisimova, l’ambiance était très calme, rythmée seulement par quelques « Let’s go Iga » et « Come on Jessica ». À ce moment-là, le souvenir de notre tournoi sur terre battue se fait cruellement sentir, aucun spectateur pour déclencher une ola ou un « popopopololo » entre deux échanges. « L’ambiance en France est différente. Comme l’a mentionné récemment le joueur Alexander Bublik, à Roland comme à Bercy, le public peut rapidement devenir fervent pour soutenir les Français. C’est une passion qui s’exprime ainsi. On pourrait les rapprocher des Brésiliens ou Chiliens, qui savent également mettre de l’ambiance », souligne une fan française.
Pour pallier ce manque d’entrain, les membres de La Tribune Bleue se sont réunis pour encourager les frenchies à l’Open d’Australie. « Pour célébrer le dernier match à Melbourne de Gaël Monfils – contre un Australien – et sa dernière année de carrière, nous avons fait un rassemblement d’un côté du court pour former un groupe français », sourit Alix. « Durant le premier set, les Australiens restaient calmes tandis que nous étions très en forme. Puis chacun a commencé à encourager ses joueurs, créant une ambiance incroyable. Les Australiens ont même fini par reprendre nos chants. » C’est vrai que nous avons apprécié l’atmosphère autour des arènes, que le tournoi mise sur l’inclusivité, que les souvenirs proposés sont fantastiques et que l’on se régale en profitant du soleil, mais comme souvent, il manque toujours un ou plusieurs Français pour animer et réveiller les spectateurs endormis devant leur télévision à l’autre bout du monde.

