France

EverEver, start-up bretonne, souhaite racheter Brandt.

EverEver est candidat officiel au rachat des actifs et marques emblématiques de Brandt. Avant la liquidation judiciaire du groupe prononcée en décembre, une centaine de personnes travaillaient dans l’usine de Vendôme, dans le Loir-et-Cher.


« EverEver est candidat officiel au rachat des actifs et marques emblématiques de Brandt. » Cette annonce a quelque peu surpris l’ensemble des acteurs du secteur. À deux jours de la clôture de l’appel d’offres, la start-up, située près de Vannes, a exprimé son souhait d’acquérir le site de production de Vendôme, dans le Loir-et-Cher. Environ une centaine de personnes y travaillait avant la liquidation judiciaire du groupe, prononcée en décembre, qui a conduit à la suppression d’environ 700 emplois.

L’activité de fabrication d’électroménager pourrait-elle un jour reprendre à Vendôme ? C’est du moins la promesse faite par la société EverEver, qui se présente avec un « projet solide et ambitieux » et appelle à « une mobilisation populaire massive pour l’emporter ». La start-up souhaite notamment relancer les marques historiques telles que Sauter et De Dietrich, ainsi que la production de plaques de cuisson et de fours.

Si EverEver ne vous dit rien, c’est normal, car cette start-up n’est pas encore présente sur le marché de l’électroménager. Elle est en train de peaufiner son plan de financement pour son projet unique, baptisé Albert. Ce lave-vaisselle, fabriqué à 80 % en France, serait conçu pour durer au moins vingt ans et présenterait un indice de réparabilité de 10/10.

Fondée en 2018 à Arradon, la société est dirigée par Martin Hacpille. Cet entrepreneur de 39 ans a imaginé un appareil plus durable après avoir tenté sans succès de réparer son lave-vaisselle défectueux. « Une architecture modulaire de type Lego », afin que chaque pièce soit facilement démontable, a-t-il expliqué à 20 Minutes en novembre.

Son projet a d’ailleurs séduit de nombreux clients. Fin 2025, Martin Hacpille affichait un carnet de commandes de 60 000 lave-vaisselle, dont 2 000 pour le géant Boulanger. Le problème reste que EverEver n’a pas encore d’usine pour produire ces appareils. La société bretonne avait envisagé de récupérer l’ancien site de Michelin à Vannes, fermé en septembre, mais les travaux de dépollution coûteux ralentissent la concrétisation du projet.

Un autre défi consiste à réunir les fonds nécessaires. Bien que le marché soit réceptif, les financeurs se font toujours attendre pour finaliser la levée de fonds de trois millions d’euros lancée par EverEver en novembre. À ce jour, la société était proche d’atteindre le premier million. Selon nos confrères, il sera nécessaire d’aligner 14 millions d’euros pour espérer acquérir l’ancien site de Brandt.

Sans usine et sans trésorerie, la société pourra-t-elle convaincre les mandataires judiciaires de lui céder le site de Vendôme ? Rien n’est certain. Cependant, les espoirs demeurent. « La perspective d’une reprise partielle de l’activité industrielle de Brandt par EverEver me semble une véritable opportunité. Une opportunité de maintenir en France la dernière industrie de production de gros électroménager », s’est réjoui un ancien cadre de Brandt dans un post, saluant « la démarche d’écoconception » de la start-up, qui a fait de la réparabilité son principal enjeu.