Maroc

Le CREDIF ne célèbre pas l’art à la FLSH Dhar El Mehraz

Le samedi 18 janvier 2026, la salle des conférences Al Quaraouiyine de la Faculté des lettres et des sciences humaines Dhar El Mehraz était pleine à craquer dès neuf heures du matin pour une journée d’études dédiée au parcours poétique et pictural du professeur Monssef Sedki Alaoui. Cette journée a été organisée conjointement par le laboratoire de recherche CREDIF de l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès et l’équipe de recherche Didactiques, arts et littératures (DALI) de l’Université Hassan II de Casablanca.


Un samedi pluvieux, une salle pleine, et une université dynamique : à la Faculté des lettres et des sciences humaines Dhar El Mehraz de Fès, chercheurs, artistes et étudiants se sont rassemblés pour faire de l’art et de la poésie un véritable espace de réflexion et de savoir, lors d’une journée d’études consacrée au parcours poétique et pictural du professeur Monssef Sedki Alaoui.

Malgré le ciel couvert et une pluie persistante, la salle des conférences Al Quaraouiyine de la Faculté des lettres et des sciences humaines Dhar El Mehraz était comble ce samedi 18 janvier 2026, dès neuf heures du matin. Des étudiants de master, des doctorants, des enseignants-chercheurs, des journalistes universitaires et des invités ont répondu à l’appel pour cette journée d’études, organisée par le laboratoire de recherche CREDIF de l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès et l’équipe de recherche Didactiques, arts et littératures (DALI) de l’Université Hassan II de Casablanca. Le thème choisi, à la fois classique et contemporain, était : « Ut pictura poesis : le parcours poétique et pictural du Pr. Monssef Sedki Alaoui. »

En ouvrant la journée, Mustapha Ijjaali, président de l’USMBA, a exprimé sa fierté. Pour lui, voir « un samedi, sous la pluie, les structures de recherche actives, les étudiants présents, et la salle pleine » constitue un véritable « signe de vitalité académique ». Il a évoqué cela comme la preuve d’une université engagée, dynamique et prenant la recherche au sérieux. Après avoir salué l’accueil fait au professeur Monssef Sedki Alaoui, il a remercié le doyen de la Faculté et son équipe pour leur soutien constant aux initiatives endossées par les laboratoires de recherche, tout en félicitant le directeur du CREDIF pour « l’esprit d’innovation » présent dans les activités scientifiques de l’université.

Le doyen de la Faculté a profité du 50e anniversaire de l’université pour souligner l’importance des sciences humaines et des arts dans le rayonnement de l’établissement. Selon lui, le choix du thème Ut pictura poesis est significatif : cette formule latine d’Horace évoque non seulement un héritage culturel, mais aussi une idée profonde, plaçant poésie et peinture sur un même plan, comme deux langages en dialogue pouvant créer du sens ensemble. L’œuvre de Monssef Sedki Alaoui, selon lui, représente une belle opportunité de réfléchir aux passerelles entre les arts et à leur dimension spirituelle.

De son côté, Chakib Tazi, directeur du laboratoire CREDIF, a affirmé que cette journée s’inscrit dans la vision du laboratoire : croiser les disciplines, analyser les méthodes, et éviter les lectures simplistes. Étudier le parcours de Monssef Sedki Alaoui représente l’exploration des liens entre littérature, arts visuels, linguistique et didactique de la création, à une époque où les frontières entre les disciplines deviennent floues. Il a insisté sur le rôle de l’université comme un espace générateur de nouvelles idées, propice à la pensée critique et à la formation d’étudiants créatifs, aptes à évoluer dans une société du savoir en pleine mutation.

Visiblement ému, le professeur Monssef Sedki Alaoui, invité d’honneur, a partagé qu’il a vécu cette journée comme une véritable reconnaissance, tant intellectuelle qu’humaine. Sensible à l’intérêt accordé à son travail artistique, poétique et scientifique, il a salué l’engagement des chercheurs et des étudiants dans cette riche réflexion. Pour lui, l’art et la littérature ne sont pas de simples ornementations, mais des outils indispensables pour appréhender un monde marqué par la diversité des médias. Il perçoit cette initiative comme un véritable tournant pour l’université marocaine, désormais intégrée aux courants internationaux de la recherche, où art et littérature occupent une place centrale dans la formation des chercheurs créatifs.

La séance d’ouverture, dirigée par Mustapha Ijjaali, a été animée avec succès par la professeure Asmae Senhaji, dont la gestion fluide des échanges a imposé le ton d’une journée exigeante et conviviale. Le professeur Hicham Belhaj, coordinateur de l’événement, a précisé que cette rencontre ne se limite pas à un hommage : il s’agit d’un travail scientifique visant à explorer l’œuvre de Monssef Sedki Alaoui sous divers angles — esthétique, mémoire des lieux, spiritualité, regard social.

Les quatre panels ont proposé une lecture riche de cette œuvre, en utilisant la sémiotique, la sociologie de l’art, la philosophie, la didactique et l’histoire culturelle. Des thèmes tels que l’intermédialité, la transmodalité, Essaouira comme carrefour de civilisations, l’art comme chemin spirituel et outil de résilience ont été abordés. La présence nombreuse et attentive des étudiants de master et des doctorants a conféré à cette journée une véritable dimension pédagogique, confirmant les propos du président de l’université : de jeunes chercheurs choisissent la recherche, même un samedi sous la pluie.

Au-delà de l’événement lui-même, cette journée d’étude a démontré que l’université marocaine peut être un lieu où l’art n’est ni marginal ni simplement décoratif, mais un véritable objet de réflexion scientifique. À Fès, le dialogue entre poésie et peinture s’est affirmé comme une manière d’interroger le monde contemporain, ses transformations et ses potentialités. De nouvelles pistes de recherche, de création et de transmission apparaissent, bien au-delà des murs de la salle Al Quaraouiyine.

Dans cette rencontre chaleureuse, portée par la force des idées et l’enthousiasme des participants, malgré le froid et la pluie à l’extérieur, l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah a prouvé une chose simple mais essentielle : la pensée n’a pas de saison… et l’art, lorsqu’on le prend au sérieux, devient un lieu de sens et un laboratoire d’avenir.

Par Hajar Karim El Alaoui