Minuit moins 85 secondes : l’horloge de l’apocalypse est proche
L’horloge de l’apocalypse est désormais réglée à 85 secondes de la catastrophe planétaire, soit quatre secondes de moins qu’il y a un an. Les experts estiment que les grandes puissances, dont la Russie, la Chine et les États-Unis, « sont devenues de plus en plus agressives, hostiles et nationalistes ».
L’horloge de l’apocalypse n’a jamais été aussi proche de minuit. Mardi, les scientifiques du Bulletin of the Atomic Scientists ont annoncé un nouvel avancement de cet indicateur symbolique, désormais fixé à 85 secondes de la catastrophe planétaire, soit quatre secondes de moins qu’il y a un an. La cause en est l’accumulation de menaces liées aux armes nucléaires, au changement climatique et à la désinformation, dans un contexte international jugé de plus en plus instable.
Dans leur communiqué, les experts estiment que les grandes puissances, notamment la Russie, la Chine et les États-Unis, sont « devenues de plus en plus agressives, hostiles et nationalistes ». Selon eux, « les accords internationaux obtenus de haute lutte sont en train de s’effondrer », affaiblissant une coopération mondiale jugée indispensable face aux risques de guerre nucléaire, de dérives biotechnologiques, de crise climatique ou encore d’usages incontrôlés de l’intelligence artificielle. Cette décision a été prise après consultation d’un comité comprenant huit prix Nobel.
Le groupe de scientifiques s’est également alarmé de l’évolution politique aux États-Unis, un an après le début du second mandat de Donald Trump. Lors d’une conférence de presse virtuelle, le physicien Daniel Holz a évoqué « les récentes tragédies survenues dans le Minnesota et l’érosion des droits constitutionnels des citoyens américains ». « L’histoire a montré que lorsque les gouvernements ne rendent plus de comptes à leurs propres citoyens, les conflits et la misère s’ensuivent », a-t-il averti.
Enfin, le Bulletin met en garde contre une possible reprise incontrôlée de la course aux armements nucléaires, alors que le traité New START arrive à expiration et que Washington envisage un ambitieux système de défense antimissile. À cela s’ajoutent des niveaux record d’émissions de CO2 et une crise de l’information. « Nous vivons un Armageddon de l’information », a résumé la journaliste et prix Nobel de la paix Maria Ressa, dénonçant une « technologie prédatrice » qui diffuse les fausses informations plus vite que les faits.

