Tunisie

Kairouan : La fripe ne cesse de prendre de l’ampleur

Dans la plupart des quartiers de Kairouan, il existe des boutiques de superfripe qui sont surtout convoitées par des personnes aisées. Les prix des articles dans ces boutiques varient de 70 à 120 D pour une robe, de 45 à 100 D pour un blouson et de 80 à 120 D pour des chaussures.


Pour bien s’habiller, être élégant et éviter de paraître démodé, beaucoup sont prêts à dépenser et à prendre des crédits pour se présenter convenablement au travail, au lycée, dans l’administration, dans la rue, lors de réceptions ou d’autres cérémonies familiales.

La Presse — Certains citoyens privilégient les boutiques de prêt-à-porter et les grandes enseignes, tandis que d’autres choisissent la friperie, qu’ils apprécient pour sa créativité, son art vestimentaire, son choix de couleurs et son savoir-faire.

Il existe de nombreuses friperies dans les quartiers de Kairouan, particulièrement prisées par des personnes aisées capables d’acquérir des articles griffés à des prix élevés.

Dans une boutique située en centre-ville, on trouve des vestes, pantalons, manteaux, blousons en cuir, chemises, sous-vêtements de haute qualité, ainsi que des chaussures.

Abdessalem, le gérant de 57 ans, explique qu’il a de nombreux clients fidèles qu’il contacte par téléphone à chaque nouvel arrivage. Cela permet à chacun de trouver ce qu’il cherche, surtout durant la saison hivernale : « Ainsi, depuis les mois de novembre et décembre, les ventes ont explosé, notamment pour les manteaux, chapeaux, bonnets, cache-cols, pulls et pantalons. Les citoyens sont de plus en plus informés, ils vérifient les codes-barres, consultent différents sites pour connaître les prix en euros, puis commencent à négocier. »

C’est le cas de Kaouther S. et de Salima J., deux jeunes femmes choisissant des tenues de soirée attrayantes, mêlant charme et simplicité, ornées de broderie or et argent : « Nous préférons acheter des articles à la mode qui ne déteignent pas et ne rétrécissent pas au premier lavage. Cette boutique, c’est notre caverne d’Ali Baba. Les prix ont beaucoup augmenté et varient de 70 à 120 D pour une robe, de 45 à 100 D pour un blouson, de 80 à 120 D pour des chaussures. Mais au moins, on est sûres d’être élégantes lors des fêtes familiales avec des tenues en tissu resplendissant qui émerveillent l’assistance. Il nous arrive de dire que nous les avons achetés à Paris ou à Rome. »

Les prix abordables dans les quartiers populaires…

Les prix, qui dépendent de la qualité, restent très accessibles dans les friperies des quartiers populaires, près des administrations et des marchés. Leurs marchandises, disposées sur des cartons, rencontrent un grand succès, notamment auprès des Libyens à la recherche de bonnes affaires.

Salwa Z., 43 ans, mère de trois enfants, témoigne : « Bien que ces étalages aient défiguré notre quartier, ils nous rendent un grand service et nous aident à subvenir à nos besoins vestimentaires, été comme hiver. Ainsi, je peux acheter un pull col roulé à 10 D, un pantalon à 3 D, une veste à 4 D, un manteau en cachemire à 10 D et trois paires de chaussettes à 1 D. Je ne vois donc pas pourquoi j’irai chercher ailleurs. »

Leïla F., étudiante, partage cet avis : « Comme la qualité et la variété des articles sont garanties, je ne m’en prive pas. D’ailleurs, il m’arrive de dénicher de belles occasions, des articles signés à des prix imbattables. »