Belgique

Une start-up liégeoise développe un vaccin ARN contre le pou du saumon.

L’élevage du saumon est un secteur en expansion, mais une des principales menaces demeure la prolifération du pou du saumon, un parasite qui engendre des coûts élevés pour l’industrie. Blue Armor a 18 mois pour mettre son projet de vaccin ARN sur pieds, avec l’objectif à long terme d’étendre ce vaccin à d’autres espèces aquatiques et même animales.


L’aquaculture connaît une croissance significative, notamment dans l’élevage du saumon. Ce poisson, en raison de son coût élevé, permet aux éleveurs d’investir dans des vaccins et des traitements adaptés pour garantir sa santé. Cependant, l’un des principaux défis auxquels l’industrie doit faire face est la prolifération du pou du saumon, un parasite qui entraîne des coûts importants et nuit à la santé et au bien-être des poissons.

Le pou du saumon se fixe sur la peau des poissons et provoque des lésions. Ces blessures sont susceptibles de s’infecter en raison de leur exposition à d’autres bactéries présentes dans l’environnement. Très résistant, ce parasite compromet le bien-être des saumons, qui doivent coexister avec ces plaies.

Arnaud Collard, spécialiste en immunologie vétérinaire et cofondateur de Blue Armor, évoque la promesse de la technologie à ARN. Il déclare : « L’idée c’est vraiment d’avoir une plateforme qui nous permettrait, au cours des années, d’ajouter d’autres maladies émergentes ou présentes actuellement. Avec notre vaccin, et c’est là toute la beauté de l’ARN, on peut, au fil du temps, ajouter de nouvelles maladies, de nouveaux virus, sans modifier intrinsèquement le produit, mais simplement en ajoutant une séquence spécifique propre à un pathogène. »

Pour le consommateur, l’utilisation d’un vaccin ARN n’a pas d’impact : « Pour le consommateur, c’est sûr que ça n’a pas d’impact. Le vaccin fait en sorte que le poisson soit vacciné et donc immunisé contre certaines maladies. S’il est immunisé, il ne les développe pas et donc on n’utilise pas d’antibiotiques.” En limitant l’usage d’antibiotiques et en améliorant l’état sanitaire des élevages, cette technologie permettra de produire des poissons en meilleure santé, ce qui profitera aux consommateurs.

Actuellement, lorsque les saumons sont infectés, une méthode consiste à les transporter vers de grands bateaux. Les poissons sont aspirés des bassins en mer puis immergés dans des piscines chauffées à une température de 30 à 35 °C, suffisante pour éliminer les poux, mais supérieure à leurs habitudes normales. Cette pratique est extrêmement stressante pour les animaux et entraîne des coûts élevés pour les éleveurs.

Blue Armor dispose d’une durée de 18 mois pour finaliser son projet. L’objectif à long terme est d’élargir l’utilisation de ce vaccin à d’autres espèces aquatiques et même terrestres.