High-tech

Volvo abandonne le thermique d’ici 2026 pour la voiture électrique supérieure.

Anders Bell, le CTO de Volvo, a déclaré que « Pour vraiment rivaliser sur les voitures électriques en 2026, vous devez vous intégrer verticalement à un niveau où vous pouvez optimiser horizontalement ». Le futur EX60, dans sa meilleure configuration, affiche une autonomie WLTP de 810 km.

Souvent, la transition électrique est jugée lente. Pourtant, ce n’est pas le cas chez Volvo. Anders Bell, le CTO, a récemment dévoilé une innovation majeure : la plateforme SPA3. Finies les adaptations, place à une intégration verticale complète, du logiciel aux méga-castings. La promesse ? « Le changement technologique le plus profond de l’histoire de l’automobile ».
Aners Bell, CTO de Volvo // Crédits : Thomas Antoine

Il est temps de ne plus se voiler la face. Pendant des années, les constructeurs automobiles traditionnels, y compris Volvo, ont proposé des voitures électriques « adaptées ». Cela consistait à prendre un châssis prévu pour moteur thermique, à y insérer des batteries là où c’était possible, en espérant que cela fonctionne. C’est ce qu’a fait Volvo avec l’EX40, de même que Stellantis continue de le faire.

Pour aller plus loin
Volvo EX60 : nous avons découvert le remplaçant électrique du XC60 avec ses 810 km d’autonomie

Anders Bell, le CTO de Volvo, assure que tout a changé avec une franchise bienvenue.

Pour le lancement du EX60, son constat est sans détour : « En 2026, la voiture électrique est tout simplement un produit supérieur… construire des BEV sur une plateforme de moteur à combustion adaptée est un compromis à bien des égards ».

blank
Volvo EX60 // Crédits : Thomas Antoine

Volvo change donc de stratégie. Avec sa nouvelle plateforme SPA3, la marque suédoise ne tente plus de contenter tout le monde. Volvo et le groupe chinois Geely souhaitent arrêter les compromis pour rivaliser avec Tesla sur son propre terrain, basé sur une intégration totale.

L’ère du « Superset »

Ce que Volvo a développé avec l’EX60, ce n’est pas seulement un nouveau SUV. C’est une révision complète de leur architecture, que la marque appelle le « Volvo Cars Superset ». Derrière ce terme marketing se cache l’idée d’une base technologique unique et modulaire, qui servira à tous les futurs modèles.

Anders Bell résume cela ainsi : « Lorsque vous combinez une voiture entièrement définie par logiciel avec le calcul central… vous obtenez le changement technologique le plus profond de l’histoire de l’automobile. »

Concrètement, cela signifie quoi ? Terminé les dizaines d’unités de contrôle (ECU) qui communiquent mal. Volvo opte pour le Core Compute. Cependant, contrairement à une approche strictement centralisée à la Tesla où tout est parfois regroupé dans une seule unité, Volvo a fait un choix intéressant : il sépare les systèmes.

blank
Volvo EX60 // Crédits : Thomas Antoine

D’un côté, Nvidia pour la conduite autonome et l’intelligence artificielle (le système Volvo « core »). De l’autre, Qualcomm pour l’infodivertissement. Pourquoi deux systèmes distincts ? Anders Bell explique que les cycles de mise à jour ne sont pas les mêmes. On ne modifie pas la partie critique pour la sécurité au même rythme que l’interface multimédia.

L’intégration verticale : la seule issue pour survivre

Pour développer une bonne voiture électrique en 2026, il ne suffit plus de se contenter d’acheter des pièces chez Bosch ou Valeo et de les assembler.

Anders Bell commente avec une phrase qui devrait alerter certains concurrents européens : « Pour vraiment rivaliser sur les voitures électriques en 2026, vous devez vous intégrer verticalement à un niveau où vous pouvez optimiser horizontalement ».

blank
Volvo EX60 // Crédits : Thomas Antoine

Si vous ne maîtrisez pas votre logiciel, vos moteurs (que Volvo fabrique), vos batteries et même vos propres moulages de châssis (les fameux Mega Casting), vous êtes en danger. L’optimisation horizontale, c’est la capacité à faire fonctionner ces éléments ensemble pour maximiser l’autonomie.

Le résultat de cette stratégie ? Le futur EX60, dans sa meilleure version, promet une autonomie WLTP de 810 km. C’est énorme pour un SUV de ce segment. Cela démontre qu’une plateforme dédiée (la SPA3), dégagée des contraintes des moteurs thermiques (arbres de transmission, échappement, refroidissement moteur), permet une efficacité inégalée.

L’Europe face à la vitesse chinoise

Un autre aspect intéressant dans cette vision est que Volvo, appartenant au groupe Geely, est en position unique pour comparer l’ingénierie européenne et chinoise.

Anders Bell reconnait que la Chine avance rapidement, en particulier sur ce qu’il appelle le « Top Hat » (le design, les écrans, l’expérience utilisateur de surface).

Cependant, il insiste : le cœur de la machine, la plateforme, la sécurité, la tenue de route, tout cela est conçu à Göteborg, en Suède. C’est un pari assumé : allier la robustesse et la sécurité scandinaves (la fameuse « base ») avec l’agilité logicielle nécessaire aujourd’hui.

blank
Volvo EX60 Cross Country // Crédits : Thomas Antoine

Le système est conçu pour évoluer. Non pas forcément par un « rétrofit » matériel pour votre véhicule (réellement faisable mais logiquement complexe), mais en continu sur la ligne de production. La plateforme SPA3 est conçue pour que le matériel évolue sans cesse. Une nouvelle puce Nvidia sort-elle ? Elle est intégrée sur la chaîne sans attendre le « facelift » de mi-vie dans quatre ans. La période traditionnelle des cycles automobiles de sept ans touche donc à sa fin.

Cette interview laisse penser que Volvo a compris plus tôt que d’autres constructeurs traditionnels que l’ère d’une transition douce est révolue. L’EX60 n’est pas simplement une « voiture électrique de plus », c’est une transformation véritable au sein de Volvo.

En choisissant de ne pas opter pour une plateforme multi-énergie, Volvo se donne les moyens d’atteindre ses ambitions. Avec 810 km d’autonomie, une architecture logicielle centralisée et une fabrication optimisée par le Mega Casting : sur le papier, c’est exactement ce qu’il faut accomplir.

Pour aller plus loin
Volvo EX60 : nous avons découvert le remplaçant électrique du XC60 avec ses 810 km d’autonomie