Belgique

Didier Reynders soupçonné de blanchiment : pas de majorité pour enquêter

Didier Reynders a été inculpé au mois d’octobre du chef de blanchiment d’argent. Le PS a déposé au mois d’août une proposition de commission d’enquête sur ce dossier.


Didier Reynders a été inculpé en octobre pour des faits de blanchiment d’argent. Pour le PTB, étant donné les fonctions importantes qu’a exercées l’ancien président du MR — ministre des Finances, de la Régie des bâtiments et des Affaires étrangères — il est essentiel que le parlement examine les dossiers qu’il a gérés, impliquant parfois des montants considérables d’argent public. Sofie Merckx, cheffe de groupe, a déclaré : « Nous avons le devoir de savoir ce qu’il s’est passé. Il ne s’agit pas seulement d’une affaire judiciaire, c’est une affaire d’État » lors de la commission des Finances. Les communistes craignent que l’ex-commissaire européen demande une transaction pénale pour éviter un procès et soustraire cette affaire à la lumière du public.

Le PTB a évoqué plusieurs dossiers préoccupants : la Tour des Finances, le Berlaymont, le gel des avoirs libyens, etc. Benoît Piedboeuf, chef de groupe MR, a rétorqué : « Vous faites une soupe populiste en mélangeant des faits et vos impressions« . Il a ajouté : « Nous n’avons aucune complaisance mais nous pensons qu’il n’y a pas d’urgence. Nous avons besoin d’abord de précision et de caractérisation par la justice. Il faudra peut-être un jour établir une commission d’enquête, mais sur un système, pas sur une personne. C’est le genre de travail qu’il faudra faire sérieusement, au moment opportun« .

Au sein de la majorité, seule la N-VA a réagi, indiquant qu’une telle initiative n’était pas exclue, tout en rappelant que l’instruction judiciaire était en cours et qu’il ne fallait pas viser une personne en particulier. Dans l’opposition, le PS a déposé une proposition de commission d’enquête sur ce dossier en août.