Éducation : 4.000 postes d’enseignants supprimés à la rentrée 2026
À la rentrée 2026, près de 4.000 postes de professeurs devraient être supprimés, sous réserve de l’adoption du projet de loi de finances. Le ministère explique sa décision par la baisse du nombre d’élèves : le premier degré devrait perdre environ 107.000 élèves, et les collèges et lycées environ 29.000 élèves.
La situation est grave pour les syndicats d’enseignants. Lors d’un comité social d’administration qui s’est tenu le lundi 26 janvier, les organisations représentant les professionnels de l’éducation ont appris les derniers arbitrages budgétaires : à la rentrée 2026, environ 4.000 postes d’enseignants devraient être supprimés, sous réserve de l’adoption du projet de loi de finances, pour lequel le gouvernement a évoqué l’article 49.3.
Selon un document du ministère, que 20 Minutes a pu consulter et qui confirme une information du Monde, 4.032 postes de professeurs titulaires ou stagiaires seront supprimés en 2026 (2.229 dans le premier degré et 1.803 dans le second degré). Toutes les académies seront affectées, à l’exception de Mayotte et de la Guyane, l’académie de Lille étant la plus touchée.
Le ministère justifie cette mesure par la diminution du nombre d’élèves, avec environ 107.000 élèves en moins dans le premier degré et 29.000 dans les collèges et lycées, d’après le document de présentation. Par ailleurs, le ministère se réjouit dans un communiqué de la création de « 5.900 emplois supplémentaires au total par rapport à 2025 et une augmentation budgétaire de 200 millions d’euros. » Ces postes incluent des emplois d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), ainsi que des postes dans les services sociaux et de santé et en particulier des enseignants-stagiaires dans le cadre de la réforme de la formation des enseignants.
Toutefois, cette annonce ne suffit pas à rassurer les syndicats, qui évoquent une « destruction du service public d’éducation » ou une décision « inadaptée ». Elisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du Se-Unsa, dénonce des « chiffres complètement inadaptés et archaïques » : « On augmente le nombre de profs quand le nombre d’élèves augmente, sans tenir compte des besoins réels, alors que dans le même temps, il y a de plus en plus d’élèves ayant des besoins spécifiques et que la santé mentale des jeunes se dégrade. »
La CGT Éducation déplore que « maintenir le nombre de postes pourrait servir à améliorer l’encadrement des élèves, à renforcer les moyens de remplacement ou à préserver des écoles rurales, au bénéfice de la scolarité et des conditions de travail », ajoutant que « l’objectif est bien de poursuivre la destruction du service public d’éducation ».

