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Fin de la 2G/3G : l’Arcep ne s’oppose pas à la fermeture le 31 mars

L’extinction de la 2G commencera le 31 mars, d’abord chez Orange dans l’unité urbaine Bayonne-Biarritz-Anglet, puis progressivement dans tout l’Hexagone. Selon l’Arcep, il reste encore 2,66 millions de cartes SIM compatibles uniquement avec la 2G en circulation, dont plus d’un million sont utilisées pour des services MtoM.


L’extinction de la 2G débutera dans deux mois, en commençant par Orange, dont les premières antennes cesseront d’émettre dans l’unité urbaine Bayonne-Biarritz-Anglet le 31 mars, puis s’étendra progressivement à l’ensemble du territoire. Ce calendrier suscite des réactions divergentes, mais, selon la présidente de l’Arcep, rien ne peut être fait pour y remédier.

À l’approche de cette échéance, l’arrêt de la 2G demeure un sujet « compliqué », a indiqué Laure de la Raudière sur le plateau de BFM Tech. Bien que cette norme réseau, datant des années 1990, soit moins sécurisée et plus énergivore que les technologies ultérieures, elle continue d’être utilisée par de nombreux appareils équipés de cartes SIM, tels que les caméras de surveillance, les bracelets de téléassistance et même les ascenseurs pour les appels d’urgence.

Les conséquences de l’arrêt du réseau 2G sont encore floues. Selon les dernières données de l’Arcep, environ 2,66 millions de cartes SIM compatibles uniquement avec la 2G sont encore en circulation, dont plus d’un million servent des terminaux destinés à des services MtoM (systèmes d’alarme, de télésurveillance, de téléassistance, etc.). À la fin de l’année, ces cartes ne seront plus que des petits carrés de PVC inutilisables pour certains appareils.

Cette situation inquiète particulièrement les ascensoristes ainsi que les bailleurs sociaux et copropriétés, qui doivent urgentement remplacer le système de téléalarme de leurs ascenseurs. Néanmoins, Laure de la Raudière a rappelé que les secteurs concernés avaient eu trois ans pour se préparer à ce changement, notamment en ce qui concerne les ascenseurs, qui doivent être entretenus tous les six mois.

L’année dernière, lors de notre émission Unlock, Romain Bonenfant, directeur général de la Fédération Française des Télécoms, faisait remarquer que des réseaux 2G et 3G avaient été éteints dans plusieurs pays sans provoquer de pannes généralisées :

« Si on regarde les dix dernières années, on a à peu près 200 réseaux 2G ou 3G qui ont été éteints dans le monde. Aux États-Unis, on a éteint des réseaux 2G il y a plus de huit ans, ça s’est bien passé. En Allemagne, on a éteint la 3G en 2021, ça s’est bien passé. Dans ces pays, il y a des ascenseurs, rassurez-vous. », déclarait Romain Bonenfant.

Cependant, des désaccords financiers entre les professionnels et les opérateurs auraient ralenti la transition, selon la présidente de l’Arcep :

« Je pense qu’il y a aussi eu des discussions compliquées avec les opérateurs pour qu’ils [les ascensoristes, ndlr] puissent bénéficier d’offres 4G semblables à celles de la 2G ou de la 3G. […] Il y a certainement un sujet économique derrière, plus qu’une question de délai ou de difficulté de mise en œuvre. », a déclaré Laure de la Raudière.

L’urgence de la situation place les opérateurs dans une position dominante, d’autant plus que l’Arcep confirme ne pas avoir les moyens juridiques de les contraindre à changer leur calendrier : « Sur la fin du réseau 2G et 3G, l’Arcep n’a pas de levier juridique pour intervenir », explique Laure de la Raudière. L’autorité peut uniquement publier le nombre de cartes SIM 2G/3G encore en circulation dans son observatoire trimestriel pour alerter les professionnels.