Belgique

Sommet de la mer du Nord : neuf pays, dont la Belgique, soutiennent l’éolien offshore

Lors du sommet d’Ostende en avril 2023, neuf pays européens, dont la Belgique, la France et l’Allemagne, se sont engagés à atteindre une capacité de production d’énergie éolienne en mer du Nord de 120 gigawatts (GW) en 2030. Actuellement, la capacité de production de l’éolien offshore en Europe est estimée à 37 GW, selon WindEurope.

Lors du sommet d’Ostende en avril 2023, neuf pays européens avaient lancé un programme ambitieux visant à transformer la mer du Nord en une immense centrale électrique verte. La Belgique, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Irlande, le Danemark, la Norvège, le Royaume-Uni et le Luxembourg avaient signé la « Déclaration d’Ostende » pour augmenter leurs capacités de production d’énergie éolienne en mer du Nord à 120 gigawatts (GW) d’ici 2030, et au moins 300 GW d’ici 2050.

Trois ans plus tard, les dirigeants de ces neuf pays se sont réunis à Hambourg pour revitaliser le développement de l’éolien offshore, car la progression observée jusqu’à présent semble insuffisante pour atteindre les objectifs fixés lors du sommet d’Ostende en 2023. Ils ont décidé de démarrer une série de projets communs d’éolien offshore. À Hambourg, la Belgique était représentée par le Premier ministre Bart De Wever et la ministre de la Justice Annelies Verlinden, responsable de la mer du Nord.

L’objectif de 300 GW d’éolien offshore à l’horizon 2050 est maintenu, même si des progrès restent à faire.

Qu’a-t-on décidé à Hambourg ?

Un des engagements pris est de lancer des projets conjoints d’éolien offshore totalisant une capacité de 100 GW, selon un communiqué distinct du ministère britannique de l’Énergie, sans mentionner de calendrier. Cette production pourrait alimenter près de 100 millions de foyers. WindEurope, la fédération européenne du secteur éolien, avance des projets d’investissements dans des parcs éoliens offshore de l’ordre de 15 GW par an entre 2031 et 2040. Selon WindEurope, ces investissements pourraient générer une activité économique de 1000 milliards d’euros, avec la création espérée de 91 000 emplois.

Les acteurs du secteur et les gestionnaires de réseaux de transport d’électricité sont impliqués dans le Pacte d’investissement pour la mer du Nord. Certaines centaines d’entreprises actives dans le domaine de l’éolien offshore participent au projet.

L’enjeu est de permettre à l’Europe d’atteindre ses objectifs de sécurité énergétique et de compétitivité.

L’accord doit renforcer la « résilience » et la « sécurité des approvisionnements » de l’Europe, a précisé Katherina Reiche, ministre allemande de l’Économie et de l’Énergie, lors de la signature de la déclaration.

Une grande partie de l’Europe, en particulier l’Allemagne, a longtemps été dépendante des livraisons de gaz russe, jusqu’à décider de se sevrer après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Cette rupture a provoqué une flambée historique de l’inflation, plongeant plusieurs industries énergivores dans la crise.

Les dirigeants européens réunis à Hambourg ont souligné qu’ils ne souhaitent plus jamais se retrouver dans une telle situation. « Nous envoyons un signal très clair à la Russie : nous ne vous laisserons plus utiliser l’énergie contre nous« , a déclaré Dan Jørgensen, commissaire européen à l’énergie.

À Hambourg, des discussions ont également eu lieu concernant la sécurité en mer du Nord et les menaces russes pesant sur les différentes installations.

Où en est-on par rapport à l’objectif de 300 GW en 2050 ?

À l’heure actuelle, la capacité de production de l’éolien offshore en Europe est estimée à 37 GW, chiffre fourni par WindEurope, la fédération européenne de l’industrie éolienne, dans ses statistiques publiées au début de l’automne.

Ces éoliennes sont installées dans 13 pays, principalement en mer du Nord, représentant plus de 6000 turbines situées au large des côtes européennes.

À titre de comparaison, fin 2023, la capacité de production des éoliennes offshore dans l’ensemble de l’Union européenne était évaluée entre 19 et 20 GW, selon la Commission européenne.

Depuis 2023, plusieurs projets, notamment au Royaume-Uni et en Allemagne, ont contribué à augmenter la capacité de production en mer du Nord, mais pas aussi rapidement que l’espéraient les décideurs européens.

Avec une capacité actuelle de 37 GW, l’objectif affiché lors du sommet d’Ostende de 120 GW d’ici 2030 semble encore lointain. Des efforts supplémentaires seront nécessaires pour y parvenir, comme l’a indiqué un rapport de la société de consultance Baringa en mars 2025.

Pourquoi ces retards ?