Tunisie

Inde : 5 cas de virus Nipah, 100 personnes en quarantaine.

Trois nouveaux cas du virus Nipah ont été détectés à Bengale Occidental, dont un médecin, une infirmière et un agent de la santé, qui appartiennent au staff traitant. En janvier 2026, l’Inde compte déjà cinq cas confirmés liés à cette épidémie.


Il y a trois jours, trois nouveaux cas de virus Nipah ont été signalés dans le Bengale Occidental. En Inde, cela porte à cinq le nombre de cas confirmés depuis le début de janvier 2026. Les trois dernières personnes touchées font partie du personnel médical : un médecin, une infirmière et un agent de santé.

Les trois victimes travaillent au sein d’un même hôpital privé où deux infirmières avaient déjà été testées positives. Cette situation a poussé les autorités sanitaires à intervenir rapidement pour éviter une propagation éventuelle du virus. Une centaine de personnes ayant été en contact étroit avec les patients infectés ont été placées sous observation et mises en quarantaine.

Les patients ont été transférés à l’hôpital des maladies infectieuses de Beleghata, situé à l’Est de Calcutta, près de l’épicentre de l’épidémie. Les deux premiers cas détectés, un infirmier et une infirmière, provenaient également de cet hôpital privé à Barasat. Selon le département de la santé du Bengale-Occidental, « l’état de l’infirmier s’améliore, mais celui de la femme est toujours critique. Tous deux sont soignés en unité de soins intensifs. »

Le virus Nipah n’est pas nouveau ; il a été découvert en 1998 au Bangladesh, en Inde, en Malaisie, aux Philippines et à Singapour. L’Inde a précédemment connu des épidémies en 2001 dans le Bengale-Occidental et en 2007, ainsi que régulièrement dans le Kerala depuis 2018, avec un total de neuf épidémies recensées.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’infection due au virus Nipah chez l’homme peut varier d’une infection asymptomatique à une infection respiratoire aiguë, pouvant aller jusqu’à l’encéphalite mortelle. Le taux de létalité varie entre 40% et 75%. Le virus Nipah se transmet à l’homme principalement par les chauves-souris et les porcs, mais peut également se transmettre par contact direct entre humains. Les chauves-souris frugivores de la famille des Pteropodidae sont les hôtes naturels de ce virus, qui peut également être transmis par des aliments contaminés. À ce jour, il n’existe aucun traitement ni vaccin disponible pour l’homme ou l’animal contre cette maladie.

Bien que le virus Nipah ait provoqué peu d’épidémies en Asie, il peut infecter un grand nombre d’espèces animales, entraînant des maladies graves et des décès chez l’homme, ce qui en fait un sujet de préoccupation pour la santé publique. Des signes sérologiques d’infection ont été détectés chez les chauves-souris, hôtes naturels du virus Nipah, dans de nombreux pays, dont le Cambodge, le Ghana, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, l’Indonésie, Madagascar, les Philippines et la Thaïlande.

La transmission virale peut survenir par contact avec des sécrétions de chauves-souris présentes sur des fruits ou leurs dérivés, avec des sécrétions de porcs, ou avec les tissus d’un animal malade. La transmission interhumaine a été principalement signalée au sein des familles et parmi les personnes prenant soin des patients infectés.

Concernant les symptômes, l’infection chez l’homme peut aller de l’absence de symptômes à une infection respiratoire aiguë, voire à une encéphalite mortelle. Dans un premier temps, les sujets infectés souffrent de fièvre, de céphalées, de myalgies, de vomissements et de maux de gorge. Par la suite, ils peuvent présenter des vertiges, de la somnolence, une altération de l’état de conscience et des signes neurologiques évocateurs d’encéphalite aiguë. Certains individus peuvent également développer une pneumonie atypique et des problèmes respiratoires sévères, y compris une insuffisance respiratoire aiguë. Dans les cas graves, une encéphalite et des convulsions peuvent survenir, menant au coma en seulement 24 à 48 heures. La période d’incubation serait comprise entre 4 et 14 jours, mais pourrait atteindre jusqu’à 45 jours dans certains cas.

La plupart des patients survivants à l’encéphalite aiguë se rétablissent complètement, mais des séquelles neurologiques à long terme ont été signalées chez certains. Environ 20% des patients présentent des troubles neurologiques persistants, tels que des troubles convulsifs et des altérations de la personnalité. Dans quelques cas, les personnes guéries souffrent par la suite d’une rechute ou d’une encéphalite d’apparition tardive.

La question demeure si nous sommes à l’abri. Aucune certitude ne peut être avancée pour l’heure. Néanmoins, l’humanité a déjà connu une propagation épidémique en 2019, limitée initialement à la Chine, mais qui s’est rapidement répandue à l’échelle mondiale. Comme le dit le proverbe, « il vaut mieux prévenir que guérir. » Des mesures préventives semblent donc essentielles pour éviter de revivre le cauchemar de la pandémie de Covid-19.