Sextorsion sur internet : quelles protections pour les enfants ?
Un homme a été arrêté par la police néerlandaise après que plus de 300 vidéos de jeunes filles âgées de 9 à 17 ans ont été retrouvées chez lui. Child Focus a mis en place une campagne d’information appelée Payboy pour aider les jeunes à comprendre la sextorsion et comment s’en protéger.

Cette affaire débute avec un jeu vidéo en ligne. Le principe du jeu consiste à gagner des points en réalisant des défis devant une caméra, que ce soit avec un téléphone, un ordinateur ou une tablette. Au départ, les défis paraissaient inoffensifs, comme faire un coucou devant la caméra. Cependant, pour obtenir davantage de points, les participants devaient se soumettre à des actions plus préoccupantes : dévoiler des parties intimes de leur corps et réaliser des actes embarrassants qu’ils n’auraient évidemment pas fait en présence d’une personne réelle.
Mais derrière ce jeu malveillant, se cachait un individu aux intentions malveillantes : un homme récemment arrêté par la police néerlandaise. Lors de son interpellation, les enquêteurs ont découvert chez lui plus de 300 vidéos de jeunes filles âgées de 9 à 17 ans. Grâce à ces vidéos, il faisait du chantage à ses victimes pour les contraindre à exécuter ses demandes.
Qu’est-ce que la sextorsion ?
Ce phénomène est appelé sextorsion. Il s’agit d’un terme qui combine « sexe » et « extorsion ». Pour mieux appréhender ce phénomène, nous avons interviewé Nadège Bastiaenen, directrice du département de prévention et de développement chez Child Focus, une organisation belge dédiée à la protection des enfants.
« La sextorsion se définit comme du chantage », affirme Nadège. « Un auteur, une personne malveillante, va manipuler et approcher une victime pour obtenir des images intimes, puis exercer une pression sur elle en la menaçant de diffuser ces images à moins qu’elle ne verse une certaine somme d’argent. »
Des méthodes très difficiles à contrecarrer
Les techniques employées par les escrocs deviennent de plus en plus élaborées, notamment grâce à l’intelligence artificielle. Une jeune victime a partagé son expérience : « J’ai reçu une demande d’ajout d’amis. Pour être sûre qu’elle était authentique, je lui ai demandé de lever la main droite, et effectivement, une main droite s’est levée, c’était crédible. Mais par la suite, elle m’a menacée de partager la vidéo avec tous mes amis sur Facebook. »
Nadège souligne que ces malfaiteurs se dissimulent derrière de faux profils, souvent créés avec des images modifiées par intelligence artificielle. Ils exploitent également l’IA pour communiquer dans différentes langues et piéger des victimes à l’échelle mondiale. Ils établissent une relation de confiance en prodiguant des compliments, en tissant des amitiés, voire des relations amoureuses. Ils envoient souvent d’abord une fausse photo dénudée, ce qui amène la victime à se sentir en sécurité et à réagir de la même manière. C’est à ce stade que le chantage commence.
Comment se prémunir ?
Child Focus a lancé une campagne de sensibilisation nommée Payboy pour informer les jeunes sur la sextorsion et les moyens d’éviter d’en devenir victimes. Toutes les informations sont accessibles sur le site payboy.be.
Le message le plus crucial de Nadège est le suivant : « Si l’on se fait piéger, il est essentiel de se souvenir que ce n’est pas de sa faute et que la situation ne se résoudra jamais d’elle-même. Il est primordial de ne pas rester seul, d’en parler à un adulte de confiance et de contacter Child Focus via notre numéro d’urgence le 116 000. »
Les victimes éprouvent souvent de la honte et ont tendance à chercher l’isolement. Cependant, tomber dans ce piège peut arriver à n’importe qui. En parler et demander de l’aide constitue véritablement le premier pas vers la solution.

