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La revue de presse : samedi, la démocratie américaine ne tient plus à Minneapolis

Alex Pretti, 37 ans, infirmier, a été abattu par dix balles alors qu’il était désarmé et maîtrisé au sol. La Libre affirme que « cette politique migratoire déchaînée […] n’est pas une dérive accidentelle : elle est pensée, financée, revendiquée. »


La mort d’Alex Pretti, 37 ans, infirmier ? Un assassinat, selon De Morgen, qui estime que ce terme s’impose lorsque dix balles sont tirées dans le corps d’un homme maîtrisé, à terre, désarmé et ne représentant aucune menace. Ainsi, pour Alex Pretti, tout comme pour Renée Good, abattue à bord de sa voiture.

Ces jeunes Américains de 37 ans, une poétesse mère de famille et un infirmier d’un service de réanimation, ont été confrontés à quatre et dix blessures par balles respectivement. Leur crime ? Manifester pour s’opposer à l’enlèvement brutal d’enfants et d’adultes, identifiés uniquement sur la base de leur apparence, en totale violation de la loi et de leurs droits, comme le souligne Le Soir. Ce ne sont pas des actes de violence commis à Téhéran, mais bien à Minneapolis, relayés par l’État fédéral sur ordre du Président des États-Unis.

La précision est cruciale, comme le mentionne The New York Times, en indiquant que « les images vidéo contredisent directement la description fournie par les autorités. »

Il existait un espoir pour un pays refuge, une terre prometteuse où l’on pouvait apprendre, travailler et vivre sans craindre l’arbitraire. Aujourd’hui, la réalité se compose d’hommes masqués surgissant à l’aube, d’enfants arrêtés à la sortie de l’école, de citoyens abattus sur un trottoir pour avoir simplement tenu un téléphone. L’Amérique sous Trump a échangé cet espoir contre une peur profonde, visible dans les yeux des enfants égarés. Ce phénomène n’est pas le fruit de malheureux concours de circonstances ou d’incidents fortuits. Pour La Libre, cette politique migratoire déchaînée « n’est pas une dérive accidentelle : elle est pensée, financée, revendiquée. »

Des comparaisons historiques doivent demeurer prudentes, pourtant des mécanismes se ressemblent, note La Libre, tels que « les rafles administratives, l’effet de surprise, les discours de menace intérieure, et la banalisation de l’arrestation de masse. »

La police de l’immigration, qui rappelle l’organisation paramilitaire du parti national socialiste allemand, le Sturmabteilung, dont émanera la SS, selon Le Soir.

Avez-vous aperçu Gregory Bovino ? Ce dernier dirige les opérations de la police des frontières. Ces agents, masqués pour éviter d’être identifiés, portent de longs manteaux verts kaki, avec de gros boutons dorés, épaulettes et insignes, évoquant instantanément le costume militaire de l’époque de la Seconde Guerre mondiale pour quiconque a suivi un cours d’histoire.

De Morgen indique que les États-Unis s’acheminent vers le fascisme. Il est temps d’abandonner notre hésitation historique à utiliser ce terme. À l’instar de 1984 de George Orwell, les autorités tentent de définir ce qui est vrai, ignorant la réalité. La guerre est la paix, le meurtre relève de la légitime défense, et la protestation est du terrorisme.

Ce qui se joue va au-delà de la politique migratoire, conclut La Libre. Il s’agit du rapport au droit, à la vérité, à la vie humaine. « Un État qui terrorise pour gouverner n’est plus un État de droit. »

Le Soir cite encore l’historien Geert Mak : « Trump applique la recette de Mussolini, qui consiste à créer un grand chaos, prétexte à l’urgence. Cette situation d’urgence pourrait permettre à Trump de suspendre les élections de mi-mandat de novembre prochain. »

« Ce qui se passe sous nos yeux est la mort visible d’une démocratie, et l’ascension d’une dictature à la tête de la première puissance mondiale. »