Washington ne satisfait pas les attentes des séparatistes.
La réunion entre une délégation du polisario et de hauts responsables américains s’est tenue sous l’autorité du directeur de la CIA, John Ratcliffe. Les représentants du polisario ont accepté le principe d’entrer dans un processus de discussions encadrées par les États-Unis exclusivement autour de l’option de l’autonomie.
Pour les États-Unis, il s’agit d’un enjeu de sécurité, de projection stratégique et de cohérence globale.

Pour la première fois, le polisario a été confronté directement, sans intermédiaire ni complaisance, à la position réelle de la première puissance mondiale concernant le dossier du Sahara marocain. Cette position est claire, structurée et verrouillée, laissant peu de place aux fictions entretenues depuis des décennies par le polisario et son soutien algérien. L’autonomie sous souveraineté marocaine n’est plus présentée comme une option parmi d’autres, ni comme un sujet de discussion ouvert. Elle est désormais considérée comme le cadre exclusif de négociation. C’est la seule proposition jugée crédible, compatible avec la stabilité régionale et capable de transformer un conflit prolongé artificiellement en solution politique durable.
Le signal envoyé est d’autant plus fort que la réunion s’est déroulée sous l’autorité du directeur de la CIA, John Ratcliffe. Lorsqu’un dossier est traité à ce niveau au sein de l’État américain, il échappe à la simple diplomatie déclarative. Il revêt un enjeu de sécurité, de projection stratégique et de cohérence globale. Le message transmis au polisario était clair, ferme et exempt d’ambiguïtés, destiné à être compris sans détour. Cela signifie une chose essentielle : pour Washington, la stabilité du Maghreb et du Sahel ne doit plus dépendre d’un conflit gelé, instrumentalisé et dépourvu de toute perspective réaliste. Le plan d’autonomie marocain est perçu non seulement comme une solution politique, mais aussi comme un outil de stabilisation régionale.
Selon des sources concordantes, le ton des Américains a été ferme, presque chirurgical. Les mots de John Ratcliffe se sont conclus par une déclaration qui résonne désormais comme un avertissement historique : « Le plan d’autonomie est le seul cadre disponible. Ceux qui le refusent resteront en marge ».
Cette déclaration n’est ni brutale ni arrogante. Elle est profondément américaine dans sa logique. Elle indique que le monde avance, que les options irréalistes sont abandonnées. Elle affirme que la diplomatie ne doit pas servir de refuge à des causes perdues, mais être un mécanisme de gestion du possible. Elle constate également l’épuisement d’un projet séparatiste qui n’a survécu que grâce à la protection politique de certains parrains régionaux, eux-mêmes désormais confrontés à leurs propres impasses.
Face à ce discours direct, l’absence de réaction formelle de la délégation du polisario est significative. Aucune objection, aucun rejet franc, aucune tentative de relancer les thèmes traditionnels du «référendum» ou de «l’indépendance». Ces sujets, longtemps considérés comme des dogmes, ont été soigneusement retirés de l’ordre du jour. Ils appartiennent désormais au registre de la nostalgie idéologique.
Les représentants séparatistes ont tenté timidement de recentrer le débat sur leurs contraintes internes, mentionnant la fragilité de leur base, les tensions dans les camps de Tindouf et le risque d’un effondrement de leur légitimité interne. Cependant, ces arguments n’ont fait que fragiliser leur position, confirmant que le polisario n’a jamais été un acteur politique autonome, mais un gestionnaire de frustration collective, piégé par son propre mensonge fondateur.
Ils ont également rappelé l’existence d’un document présenté en octobre dernier, déclarant être prêts à le réviser afin de le rendre plus acceptable. Mais encore une fois, la réponse américaine a été claire. Ce texte n’est pas une solution. Il ne correspond ni aux exigences de stabilité, ni aux impératifs de sécurité régionale, ni à l’évolution du droit international tel qu’il est interprété aujourd’hui par les grandes puissances.
La conclusion de cette rencontre est particulièrement significative. Malgré leur malaise apparent et leur frustration, les membres de la délégation du polisario ont accepté le principe d’engager des discussions encadrées par les États-Unis, exclusivement autour de l’option de l’autonomie. C’est un tournant, un basculement stratégique, et une reconnaissance implicite que le centre de gravité du dossier s’est déplacé vers la proposition marocaine.
La déclaration de Bouzid Moulay, activiste proche du polisario, en dit long sur l’état d’esprit qui prévaut désormais dans leurs rangs. Son témoignage, d’une franchise inhabituelle, décrit une délégation «visiblement abattue», «profondément désabusée» et incapable de formuler d’objection sérieuse, consciente que le mythe de l’autodétermination ne trouve plus d’écho, ni sur le plan international, ni dans les camps. Il admet que Washington a tranché sans détour, que le cadre est verrouillé et que toute future négociation, qu’elle soit américaine ou américano-onusienne, aura pour seul horizon l’autonomie sous souveraineté marocaine.
Dans les semaines à venir, des consultations préliminaires devraient avoir lieu dans un format restreint impliquant le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le polisario. Cette configuration consacre une réalité longtemps occultée : le conflit autour du Sahara marocain est un différend régional prolongé de manière artificielle. Sa résolution ne peut plus être entravée par des discours figés ou par des calculs idéologiques hérités de la guerre froide. Elle doit s’inscrire dans une dynamique de responsabilité, de compromis et de projection vers l’avenir. La présence du Maroc, de l’Algérie, de la Mauritanie et du polisario autour d’une même table, sous l’égide américaine, signifie que le temps des faux-semblants est révolu. Chacun sera confronté à ses responsabilités. Chacun devra assumer ses choix.
Pour le Maroc, cette phase diplomatique n’est pas un simple succès momentané. Elle est la confirmation éclatante d’une ligne stratégique claire, patiemment élaborée et défendue avec fermeté. Depuis la présentation de l’initiative d’autonomie, le Royaume est resté constant. Il a proposé une solution courageuse, respectueuse de sa souveraineté, ouverte à une gestion démocratique des provinces du Sud, et tournée vers le développement et la stabilité régionale. Cette vision, défendue avec constance par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, s’impose désormais comme le seul langage compris et partagé par les grandes puissances.
Aujourd’hui, plus que jamais, les faits parlent d’eux-mêmes. Le monde évolue. Les équilibres se redessinent. Et ceux qui persistent à vivre dans le déni risquent de rester «en marge», tandis que le Maroc, sûr de son droit et fort de sa légitimité, poursuit sa progression vers la consécration définitive de son intégrité territoriale.
Mehdi Ouassat
