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L’ONU : éclairage explicatif sur ses missions et enjeux.

L’ONU rassemble la quasi-totalité des États de la planète et a été créée à la fin de la Seconde guerre mondiale pour « veiller à la paix et la sécurité internationale, essayer d’éviter de nouveaux conflits et organiser la coopération entre nations. » Le Conseil de sécurité, composé de quinze membres dont cinq permanents, a le pouvoir de veto, ce qui entraîne souvent une « paralysie » qui réduit la capacité d’action de l’ONU et remet en question sa légitimité.


« L’ONU est sans doute l’organisation la plus internationale qui soit puisqu’elle rassemble la quasi-totalité des États de la planète », explique d’emblée Elena Aoun. Elle rappelle que l’Organisation des Nations Unies a été fondée à la fin de la Seconde Guerre mondiale avec plusieurs objectifs : « Veiller à la paix et à la sécurité internationale, essayer d’éviter de nouveaux conflits et organiser la coopération entre nations. »

La professeure de relations internationales de l’UCLouvain souligne qu’au fil des décennies, plusieurs organismes, agences et programmes ont vu le jour au sein et autour de l’ONU, comme l’OMS pour la santé, la FAO pour l’agriculture et l’alimentation, ou encore le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Parallèlement, des règles de droit, des traités et des conventions ont été négociés et adoptés.

« Attention, les États peuvent toujours violer les règles de droit et leurs obligations en toute impunité, car l’ONU n’est pas un super gouvernement », prévient Elena Aoun. Effectivement, si l’Assemblée générale de l’ONU fonctionne sur le principe d’ »un État, une voix », le pouvoir politique de l’ONU est concentré dans les mains du Conseil de sécurité. « Et le Conseil de sécurité est fondamentalement biaisé en faveur d’une poignée d’États qui, d’une certaine façon, hypothèquent tout le système », précise la professeure.

Le Conseil de sécurité est composé de quinze membres, dont cinq permanents : les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et la Grande-Bretagne, toutes puissances victorieuses de la Seconde Guerre mondiale. Ces cinq membres permanents détiennent un privilège : le droit de veto. « Au cœur de la machine politique de l’ONU, le Conseil de sécurité induit souvent de la paralysie », explique la chercheuse. Elle ajoute que « cette paralysie réduit la capacité d’action de l’ONU mais également sa légitimité. » Elena Aoun cite des exemples de cette paralysie : « Cela a été le cas durant la Guerre froide. C’est aussi le cas actuellement avec la Russie qui bloque beaucoup de choses autour du conflit en Ukraine ou encore avec les États-Unis qui sortent leur veto dès qu’il s’agit des différentes guerres qu’Israël mène au Moyen-Orient. »

Une des conséquences de ce droit de veto est que l’ONU s’éloigne de ses objectifs en matière de paix et de sécurité internationales. C’est pourquoi un ensemble d’États, parmi lesquels plusieurs pays émergents et issus de la décolonisation, demandent une réforme du système pour qu’il soit plus représentatif, plus équitable et plus effectif. « Mais le système est complètement verrouillé », constate Elena Aoun, car « pour qu’il y ait réforme, il faut le consentement des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, et on imagine bien qu’ils ne vont pas renoncer à cet énorme privilège qui leur est accordé par la charte des Nations Unies. »

La professeure conclut : « Même si l’ONU est un très bel outil, il est complètement dévoyé. Le blocage par les États membres du Conseil de sécurité favorise la multiplication des conflits à travers le monde. »