Le gouverneur de la Banque de France n’est pas satisfait du budget 2026.
François Villeroy de Galhau déplore que le déficit public sur lequel repose le budget 2026 ne soit pas inférieur à 5 % du PIB. Il reconnaît qu’il y a « une crise » dans certaines filières agricoles, mais estime que « le traité n’est pas responsable de cette crise, et ne pas le signer ne serait pas un remède ».
La copie économique de Sébastien Lecornu ne satisfait pas entièrement François Villeroy de Galhau. Dans une interview accordée à *Ouest-France*, le gouverneur de la Banque de France a exprimé samedi son inquiétude concernant le déficit public sur lequel s’appuie le budget 2026, qui ne devrait pas être inférieur à 5 % du PIB.
Déjà préoccupé par le fait que le déficit public de la France pourrait dépasser les 5 % du PIB cette année (après un chiffre de 5,4 % l’année précédente), le gouverneur insiste sur la nécessité de respecter les 5 % prévus dans le budget qui sera définitivement voté la semaine prochaine. Il déplore : « J’aurais souhaité une réduction plus forte. »
L’Europe incitée à « se réveiller »
Suite au recul de Donald Trump cette semaine concernant de nouveaux droits de douane vis-à-vis de plusieurs pays, y compris la France, François Villeroy de Galhau a déclaré que c’était « tant mieux quand certaines menaces inacceptables sont retirées ».
Cependant, il a ajouté que « l’Europe doit prendre davantage en main son destin économique pour réduire sa dépendance » aux États-Unis et à la Chine. Il estime qu’elle doit être capable de créer un rapport de force pour se défendre et insiste : « Mais surtout, elle doit se réveiller ! », appelant à « moins parler de M. Trump » et à « se retrousser les manches pour mobiliser les atouts » européens, à « agir plus vite, plus clair, plus fort », et à « muscler l’Europe ».
Défense de l’accord avec le Mercosur
Concernant la saisine par le Parlement européen de la Cour de justice de l’UE sur le traité de libre-échange avec le Mercosur, François Villeroy de Galhau reconnaît qu’il existe « une crise » dans certaines filières agricoles. Toutefois, il estime que « le traité n’est pas responsable de cette crise, et ne pas le signer ne serait pas un remède », soulignant qu’il « peut même bénéficier à l’industrie française, ainsi qu’à d’autres filières agricoles comme les produits laitiers ». Selon lui, « face aux pressions américaine et chinoise, c’est l’intérêt de l’Europe de nouer d’autres alliances ».
Enfin, en ce qui concerne l’épargne considérable des Français, qui représente près d’un cinquième de leur revenu disponible, le gouverneur propose de leur « donner le maximum de choix avec des produits à horizon long, comme les Plans épargne retraite, ou des produits davantage fléchés vers les fonds propres des entreprises, comme les actions ». Il remarque que « dans la durée, elles rapportent plus que le livret A ou l’assurance-vie en euros ».

