Clam Ace 2 de Fresh ‘n Rebel face au CMF Headphone Pro à 99 euros
Le Clam Ace 2 de Fresh ‘n Rebel et le CMF Headphone Pro de Nothing sont tous deux proposés au prix de 99 euros. Le Clam Ace 2 affiche une autonomie mesurée à 112 heures en usage réel, tandis que le CMF Headphone Pro est mesuré à 57 heures avec ANC.

Fresh’n Rebel, marque néerlandaise fondée en 2013, a acquis une réputation avec des produits audio colorés et abordables. Cependant, le Clam Ace 2 marque un tournant vers une plus grande maturité. CMF, filiale de Nothing, arrive avec l’ambition de rendre l’excellence audio accessible sans compromis, notamment avec le modèle Headphone Pro. Sur le papier, les spécifications sont impressionnantes pour le prix. Dans la réalité ? Nous avons tranché.
Design : du plastique, mais pas n’importe lequel
Clam Ace 2 : une sobriété hollandaise avec un plastique de qualité et une texture légèrement granuleuse.
Pour aller plus loin
Test du Clam ACE 2 : de vraies qualités, une signature sonore ajustable
Les coques possèdent un motif circulaire concentrique sobre mais identifiable. L’arceau en acier recouvert de similicuir communique une impression de solidité, et les charnières métalliques — rares à ce niveau de prix — pivotent sans jeu ni grincement. À peine 290 grammes sur la balance, le casque est pliable et une housse souple est fournie. Ses coussinets en mousse à mémoire de forme épousent parfaitement les oreilles, permettant une utilisation prolongée sans points de pression. Six coloris sont proposés.

CMF Headphone Pro : des courbes généreuses, coques rondes et interchangeables, finition mate impeccable (gris clair, gris foncé, orange).
Pour aller plus loin
Test du CMF Headphone Pro : à 99 euros, Nothing donne une leçon d’humilité aux géants de l’audio
L’assemblage est totalement silencieux — aucun grincement ni bruit mécanique lors des manipulations, une rareté et un atout à ce prix. Les coussinets de 30 mm d’épaisseur, magnétiques et remplaçables (29 euros la paire, en vert clair ou orange), sont confortables. La pression de l’arceau est bien ajustée. Un petit inconvénient d’inertie : si vous secouez la tête vigoureusement, le casque a tendance à se déplacer en raison de son centre de gravité. Il supporte aisément des marches quotidiennes, mais il est préférable d’éviter de courir avec. Le port jack 3,5 mm (qui ne fonctionne que lorsque le casque est allumé) et l’USB-C sont disponibles. Il est certifié IPX2 pour une résistance aux éclaboussures.

Verdict : match nul.
Le Clam séduit par ses coloris fun, sa capacité à se plier et son confort exceptionnel lors d’une utilisation prolongée. Le CMF impressionne par sa construction silencieuse et son option de personnalisation via des coussinets magnétiques. Les deux casques se distinguent par leur qualité.
Ergonomie et connectivité : le CMF plus complet
Clam Ace 2 : boutons physiques bien conçus.
Sur l’oreillette droite, une molette crantée pour le volume et un bouton circulaire central (lecture/pause, appels). Sur la gauche, un bouton identique active l’ANC ou le mode transparence. L’utilisation est intuitive, la course du clic est longue, minimisant les erreurs. Bluetooth 6.0 (la dernière norme) avec multipoint permet de connecter deux appareils simultanément. La portée est bonne à travers les cloisons, et la latence audio est imperceptible pour les vidéos (Netflix, YouTube).
Lors des jeux, un léger retard persiste. Aucun codec HD : AAC et SBC sont au programme, mais la différence avec le LDAC est marginale pour 95 % des utilisateurs. Connexion filaire possible via USB-C.

CMF Headphone Pro : le retour des boutons physiques.
Sur l’oreillette gauche : bouton de marche/arrêt, port jack 3,5 mm, et surtout le fameux Energy Slider — un curseur physique pour régler directement l’intensité des basses ou des aigus. Sur l’oreillette droite : molette crantée cliquable (pour le volume et la navigation), bouton programmable (assistant vocal, ANC, son spatial). C’est ultra-intuitif et ludique. Le curseur se révèle être un gadget utile. Bluetooth 5.4 avec support LDAC, certification Hi-Res Audio, multipoint, Google Fast Pair, Microsoft Swift Pair. Portée solides jusqu’à 10 mètres. Mode faible latence pour le jeu sur smartphone. Connexion filaire via jack. Seul écueil : pas d’Auracast.

Verdict : avantage au Headphone Pro.
Le CMF prend l’avantage avec son ingenieux Energy Slider, son support LDAC et sa certification Hi-Res Audio. Cependant, le Clam se défend avec son Bluetooth 6.0 récent (même si les bénéfices concrets semblent minimes).
Logiciel : deux applications complètes et bien pensées
My Sound (Clam Ace 2) : application étonnamment riche pour son prix. Égaliseur de 10 bandes (32 Hz à 16 kHz) avec des presets classiques (Pop, Jazz, Rock, R&B, Classique, Électronique) et deux profils personnalisables.
Le plus : le Personal Sound by Audiodo qui propose un test auditif de 3 minutes pour analyser votre audition (oreille gauche et droite séparément) afin de créer un profil sonore sur-mesure. Le principe : compenser vos pertes auditives naturelles en ajustant automatiquement l’égalisation.
Est-ce que ça change vraiment quelque chose ? Oui, de manière subtile. L’écoute devient plus claire et plus présente, surtout dans les voix. Gestion fine de l’ANC avec deux niveaux (Doux ou Fort), détection du bruit du vent activable. Trois modes : ANC/Désactivé/Ambiant. Autres réglages : paramètres des LED, indications vocales, pause automatique (qui fonctionne bien), limiteur de volume pour protéger l’audition, économie d’énergie, mode veille programmable, personnalisation des commandes.



Nothing X (CMF) : interface fluide et moderne.
Égaliseurs prédéfinis (pop, rock, électronique, etc.), mode personnalisé. La fonction Hearing ID propose un test auditif pour calibrer le son selon vos capacités auditives, en renforçant les fréquences que vous percevez le moins. L’audio spatial offre deux modes : Théâtre (renforce les médiums pour les voix) et Concert (ajoute de la réverbération). Rien de révolutionnaire à l’écoute, mais c’est un plus.
L’application permet de remapper entièrement les commandes physiques — par exemple, assigner le curseur à des aigus au lieu des basses. Gestion de l’ANC en mode adaptatif (pour économiser la batterie) ou manuel. C’est vraiment complet.



Verdict : match nul.
Le Personal Sound d’Audiodo (Clam) face à la richesse de personnalisation de Nothing X (CMF). Les deux applications vont bien au-delà des attentes pour ce prix.
Réduction de bruit : le CMF creuse l’écart
Clam Ace 2 : ANC hybride adaptatif qui remplit sa mission sans éclat.
Dans les transports en commun (métro, train, bus), l’ANC atténue les bruits graves et moyens : ronronnement du moteur, brouhaha ambiant, climatisation. L’effet de masquage est réel et convaincant pour ce tarif. Les voix proches demeurent audibles et les sons aigus (claquement de porte, vaisselle) sont toujours perceptibles. Deux modes dans l’application : Doux (confortable, moins isolant) et Fort (efficacité maximale, mais effet de pompage plus prononcé).
Le mode transparence fonctionnelle est correct, sans amplification excessive ni effet robotique. On ressent une légère pression (aspiration des tympans) à l’activation, mais elle reste supportable. Aucun souffle parasite. La réduction du bruit du vent fonctionne avec un léger souffle, mais elle atteint rapidement ses limites à vélo ou en bord de mer lorsque le vent se renforce.

CMF Headphone Pro : on passe à un autre niveau.
L’ANC hybride n’a rien à envier aux meilleurs casques du marché — on pense aux Sony WH-1000XM6 ou Bose QC Ultra Headphone 2e génération. Nothing annonce jusqu’à 40 dB de réduction et une efficacité jusqu’à 2 kHz. Concrètement, ces 40 dB ciblent principalement les sons graves : moteur, roulement de train, ventilation. Ces sons sourds masquent les basses fréquences de la musique. La limite de fonctionnement se situe vers 2 kHz et couvre partiellement les bruits clairs comme les conversations ou les clics de clavier.
Sur cette plage, l’efficacité diminue logiquement, mais reste très satisfaisante. Dans les transports, on entend peu l’environnement extérieur, on est vraiment dans sa bulle. Le niveau d’ANC est ajustable dans l’application (avec un curseur de 0 à 100 %), ou réglable en mode adaptatif pour économiser la batterie. Le mode transparence permet de suivre une conversation sans ôter le casque, même s’il n’atteint pas le naturel des AirPods Pro 3 d’Apple.

Verdict : victoire nette du CMF.
Son ANC rivalise avec les modèles haut de gamme à des prix de 200-300 €. Le Clam remplit son rôle dans les transports quotidiens, mais le CMF dépasse clairement les attentes.
Audio : le CMF bluffant, le Clam coloré
Clam Ace 2 : signature sonore colorée avec une forte présence à 5 kHz. Graves homogènes, médiums corrects, aigus très marqués.
Un comportement rapide et dynamique, avec une scène sonore correcte mais une profondeur limitée. Sur Daft Punk, les cymbales deviennent agressives et fatiguent. Excellent en jazz (Miles Davis), voix très claires sur Billie Eilish. Ce casque est conçu pour le plaisir d’écoute, pas pour l’analyse. Possibilité de correction via un égaliseur 10 bandes.
Note : 7/10.

CMF Headphone Pro : tout simplement impressionnant.
Équilibre exceptionnel entre puissance et douceur. Compatible Hi-Res Audio, avec des transducteurs de 40 mm en nickel. Il rivalise avec des modèles coûtant plusieurs fois plus cher. Basses puissantes et maîtrisées (pic à 60-70 Hz), creux apprécié à 2 kHz (sans agressivité), aigus fins (pics à 4 et 8 kHz), extension jusqu’à 13 kHz. Sur Depeche Mode, la maîtrise est incroyable. Sur Gazo/SCH, le curseur des basses donne un impact physique total, avec un contrôle parfait. Scène sonore large et bien construite — une vraie surprise à ce prix. Polyvalent, du jazz analytique à l’électro physique.
Note : 8/10.

Verdict : victoire nette du CMF.
Le Clam est plaisant pour le jazz/acoustique mais devient fatigant sur la durée en raison de son pic dans les aigus. Le CMF, quant à lui, excelle dans tous les genres.
Appels : fonctionnels sans plus
Clam Ace 2 : équipé de deux micros ENC, capacité à capter la voix clairement en environnement calme, mais pollution sonore notable en extérieur.
CMF Headphone Pro : trois micros permettant une captures propre de la voix avec un bon filtrage des bruits environnants.
Verdict : légère avance pour le CMF, mais aucun des deux n’est conçu pour des visioconférences professionnelles prolongées.
Autonomie : des monstres d’endurance
Clam Ace 2 : 100 heures annoncées sans ANC, 60 heures avec. Mesuré à 112 heures en utilisation réelle (volume à 50 %, ANC utilisé 70 % du temps). Charge rapide : 10 min = 5h d’écoute.
CMF Headphone Pro : 50 heures avec ANC, 100 heures sans. Mesuré à 57 heures avec ANC, près de 100 heures sans. Batterie de 720 mAh. Charge rapide : 5 min = 4h d’écoute.
Verdict : égalité.
Deux marathoniens capables de tenir plusieurs semaines.
Le verdict final : le CMF Headphone Pro s’impose
Après plusieurs semaines de tests approfondis, le CMF Headphone Pro s’établit comme la référence à 99 euros.
C’est simple : aucun autre constructeur n’arrive à offrir une telle qualité acoustique, une réduction de bruit aussi efficace et une conception aussi astucieuse à ce tarif.

Pourquoi le CMF l’emporte :
- Audio bluffant (8/10) : équilibre bénéfique entre puissance et douceur, rivalisant objectivement avec des modèles coûtant plusieurs centaines d’euros. Basses puissantes et maîtrisées, médiums riches en détails, aigus précis sans agressivité, scène sonore large. Le curseur des basses = une innovation remarquable.
- ANC de premier plan (9/10) : rivalise avec les Sony WH-1000XM5 et Bose QC Ultra. Atténuation allant jusqu’à 40 dB, efficacité majeure jusqu’à 2 kHz.
- Support LDAC + certification Hi-Res Audio : le seul à proposer cela dans cette gamme de prix.
- Ergonomie intelligente : commandes entièrement physiques ultra-intuitives, curseur de basses transformant l’expérience audio.
- Autonomie impressionnante : 57 heures mesurées avec ANC (sur les 50 heures annoncées), près de 100 heures sans ANC.
- Application complète : Nothing X regorge de réglages pertinents (Hearing ID, audio spatial, remapping complet).
Le Clam Ace 2 demeure néanmoins une excellente alternative pour des besoins spécifiques. Son confort remarquable durant de longues sessions, sa finition soignée avec des charnières métalliques, son autonomie record (112 heures mesurées !), et surtout son Personal Sound by Audiodo en font un casque très convaincant. Il excelle particulièrement en jazz et musique acoustique, où sa signature sonore devient un atout. Néanmoins, sa coloration prononcée dans les aigus (pic à 5 kHz) peut entraîner une fatigue sur le long terme, et son ANC ne se compare pas. Pour les amateurs de son neutre et analytique, ce modèle n’est pas idéal.
Quel casque est fait pour vous ?
Choisissez le CMF by Nothing Headphone Pro si : vous souhaitez le meilleur son à 99€, vous écoutez tous styles musicaux (électro, hip-hop, pop, rock, jazz), vous voulez une vraie ANC efficace, vous préférez les commandes physiques avec un curseur de basses ajustable, et vous recherchez du LDAC pour vos sources Hi-Res.
Choisissez le Clam Ace 2 si : vous écoutez principalement du jazz et de la musique acoustique, vous privilégiez un confort optimal sur de longues durées (3-4 heures sans problème), vous voulez une adaptation précise du son grâce au Personal Sound, vous aimez les coloris ludiques et affirmés (six options disponibles), et vous recherchez un casque pliable avec housse pour un transport facile.
Conclusion
À 99 euros, le CMF Headphone Pro représente une véritable anomalie sur le marché, dans le meilleur sens du terme. Nothing a su donner une leçon d’humilité aux géants de l’audio (Sony, Bose, Sennheiser). Le rapport qualité-prix est tout simplement incroyable. C’est le produit audio de l’année dans sa catégorie, et on peut sans réserve le recommander.

