Négociations à Abu Dhabi : les Russes exigent toujours le retrait ukrainien du Donbass.
Le Kremlin a répété exiger de Kiev un retrait de ses forces des territoires industriels et miniers de l’est de l’Ukraine aujourd’hui en grande partie contrôlés par la Russie. Les nouvelles discussions de cette semaine se tiennent loin de l’Europe et sans participation des pays de l’UE, qui craignent que Washington ne pousse Kiev à accepter un accord jugé trop favorable à Moscou.
Annonçant des pourparlers difficiles, le Kremlin a réaffirmé sa demande de retrait des forces ukrainiennes des territoires industriels et miniers de l’est de l’Ukraine, qui sont principalement contrôlés par la Russie.
Le négociateur en chef ukrainien, Roustem Oumerov, a indiqué que les premiers entretiens de vendredi ont porté sur les « paramètres permettant de mettre fin à la guerre menée par la Russie et sur la suite logique du processus de négociation visant à progresser vers une paix digne et durable ».
Ces pourparlers représentent les premières négociations directes connues entre Moscou et Kiev sur le plan américain de règlement de la guerre, qui a causé des dizaines de milliers de morts depuis 2022.
La délégation russe est dirigée par le général Igor Kostioukov, responsable du renseignement militaire (GRU).
Washington est notamment représenté par les émissaires spéciaux Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump.
« Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions », a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky à l’issue des premières discussions, affirmant attendre les résultats de celles de samedi et précisant être informé « presque heure par heure ».
« Il est nécessaire que non seulement l’Ukraine souhaite mettre fin à cette guerre et atteindre une sécurité totale, mais qu’une volonté similaire apparaisse aussi en Russie », a-t-il ajouté.
Ces pourparlers s’inscrivent dans un contexte difficile pour l’Ukraine, dont le réseau énergétique a été gravement affecté par une série de frappes russes, entraînant des coupures d’électricité et de chauffage à cause des températures glaciales, notamment à Kiev.
D’intenses bombardements ont fait au moins un mort et quatre blessés dans la capitale dans la nuit de vendredi à samedi, perturbant les approvisionnements en eau et en chauffage, alors que le thermomètre descendait sous les -10°C, selon le maire Vitali Klitschko.
La ville de Kharkiv a également été touchée par 25 drones russes, causant 11 blessés.
Sur le front, les troupes ukrainiennes sont en retrait depuis près de deux ans, face à un adversaire supérieur en nombre et en armement, Kiev dépendant fortement du soutien financier et militaire occidental.
« Les forces armées ukrainiennes doivent quitter le Donbass, elles doivent s’en retirer », a averti vendredi le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.
« Sans règlement de la question territoriale (…), il est inutile d’espérer la conclusion d’un accord de long terme », a-t-il ajouté.
Cette réunion à Abou Dhabi s’est déroulée au lendemain de deux rencontres à un niveau plus élevé : l’une à Davos entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump, et l’autre à Moscou entre Vladimir Poutine et les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner.
Des négociations directes entre Russes et Ukrainiens avaient déjà eu lieu durant la première année du conflit, en 2022, et à plusieurs reprises dans l’année 2025 à Istanbul.
Ces discussions n’avaient conduit qu’à des échanges de prisonniers et de dépouilles de soldats.
Les nouvelles négociations de cette semaine se tiennent loin de l’Europe et sans la participation des pays de l’UE, qui craignent que Washington n’exige de Kiev un accord jugé trop favorable à Moscou. La Russie, de son côté, a critiqué l’ingérence des Européens dans les négociations.
À Davos vendredi, M. Zelensky a prononcé un discours très critique envers ses principaux alliés politiques et financiers, qualifiant l’Europe de « fragmentée » et « perdue » en ce qui concerne l’influence sur les positions de Donald Trump, et faisant état d’un manque de « volonté politique » face à Vladimir Poutine.
En marge du Forum économique mondial, il s’est brièvement entretenu avec M. Trump, déclarant avoir obtenu un accord sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine, qui doit maintenant être finalisé par les deux dirigeants et les Parlements des deux pays.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a également annoncé avoir conclu un accord avec le président américain pour la livraison de missiles Patriot, selon l’agence de presse ukrainienne Ukrinform.

