Ukrainiens, Russes et Américains relancent les discussions à Abu Dhabi
Le Kremlin a exprimé son exigence d’un retrait des forces ukrainiennes des territoires industriels et miniers de l’est de l’Ukraine, majoritairement contrôlés par la Russie. Les négociations en cours s’inscrivent dans un contexte difficile pour l’Ukraine, avec des frappes russes ayant provoqué de sévères coupures d’électricité et de chauffage, surtout à Kiev.
Annonçant des négociations difficiles, le Kremlin a réitéré sa demande préalable à Kiev d’un retrait de ses forces des territoires industriels et miniers de l’est de l’Ukraine, aujourd’hui largement contrôlés par la Russie.
Le négociateur en chef ukrainien, Roustem Oumerov, a indiqué que les premiers pourparlers de vendredi avaient porté sur « les paramètres permettant de mettre fin à la guerre menée par la Russie et sur la suite logique du processus de négociation visant à progresser vers une paix digne et durable« .
Ces négociations constituent les premières discussions directes connues entre Moscou et Kiev concernant le plan américain de règlement du conflit, qui a causé des dizaines de milliers de décès depuis 2022.
La délégation russe est dirigée par le général Igor Kostioukov, responsable du renseignement militaire (GRU).
Washington est principalement représenté par les émissaires spéciaux Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump.
« Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions« , a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky à l’issue des premières discussions, exprimant son attente des résultats de celles de samedi et affirmant être informé « presque heure par heure« .
« Il est nécessaire que non seulement l’Ukraine veuille mettre fin à cette guerre et atteindre une sécurité totale, mais qu’une volonté similaire se manifeste également en Russie« , a-t-il ajouté.
« Quitter le Donbass »
Ces pourparlers se déroulent dans un contexte difficile pour l’Ukraine, dont le réseau énergétique a été gravement affecté par une série de frappes russes, entraînant des coupures d’électricité et de chauffage dans des températures glaciales, notamment à Kiev.
D’intenses bombardements ont causé au moins un mort et quatre blessés dans la capitale durant la nuit de vendredi à samedi, perturbant encore les services d’eau et de chauffage malgré des températures chutant sous les -10°C, selon le maire Vitali Klitschko.
La ville de Kharkiv a été frappée par 25 drones russes, faisant 11 blessés.
Sur le front, les troupes ukrainiennes sont en recul depuis près de deux ans face à un adversaire plus nombreux et mieux armé, Kiev dépendant en grande partie du soutien financier et militaire occidental.
« Les forces armées ukrainiennes doivent quitter le Donbass, elles doivent s’en retirer« , a averti vendredi le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.
« Sans règlement de la question territoriale (…), il est inutile d’espérer la conclusion d’un accord de long terme« , a-t-il ajouté.
Cette réunion à Abou Dhabi a eu lieu au lendemain de deux rencontres au plus haut niveau : l’une à Davos entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump, et l’autre à Moscou entre Vladimir Poutine et les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner.
Sans les Européens
Des négociations directes entre Russes et Ukrainiens avaient déjà eu lieu lors de la première année du conflit, en 2022, et à plusieurs reprises au cours de l’année 2025 à Istanbul.
Ces pourparlers n’avaient abouti qu’à des échanges de prisonniers et de dépouilles de soldats.
Les nouvelles discussions de cette semaine se tiennent loin de l’Europe et sans la participation des pays de l’UE, qui craignent que Washington ne pousse Kiev à accepter un accord jugé trop favorable à Moscou. La Russie a de son côté critiqué l’ingérence des Européens dans les négociations.
À Davos vendredi, M. Zelensky a tenu un discours très critique envers ses principaux soutiens politiques et financiers, affirmant percevoir une Europe « fragmentée » et « perdue » en matière d’influence sur les positions de Donald Trump, et manquant de « volonté politique » face à Vladimir Poutine.
En marge du Forum économique mondial, il s’est brièvement entretenu avec M. Trump, assurant avoir obtenu du dirigeant américain un engagement concernant les garanties de sécurité pour l’Ukraine, qui doit désormais être finalisé par les deux dirigeants et les Parlements des deux pays.

