Laurent Vinatier évoque son arrestation en Russie et l’espoir.
Laurent Vinatier a été libéré le 8 janvier après dix mois de détention en Russie, à la suite d’une grâce accordée par Vladimir Poutine. Son arrestation remonte au 6 juin 2024, alors qu’il se trouvait à une terrasse de café à Moscou, où il a été arrêté pour ne pas s’être enregistré comme « agent de l’étranger ».
Laurent Vinatier a été libéré le 8 janvier après dix mois de détention en Russie, grâce à une grâce accordée par Vladimir Poutine. Dans un entretien avec l’AFP, ce chercheur spécialiste de l’espace post-soviétique décrit une expérience qui l’a transformé « de manière cardinale » et exprime « le soulagement d’être un homme libre », considérant sa libération « comme un miracle » après le « traumatisme » qu’il a vécu.
Il déclare ne pas connaître « les détails, les négociations » qui ont abouti à cet échange, réalisé en contrepartie du basketteur russe Daniil Kasatkin. Néanmoins, il assure qu’« une page s’est tournée » et qu’il n’a « pas du tout envie de revenir » en Russie, un pays avec lequel il admet avoir « une longue histoire », tout en évoquant une ancienne « fascination romantique ».
**Escroqué par un avocat véreux**
Son arrestation a eu lieu le 6 juin 2024, alors qu’il se trouve à une terrasse de café à Moscou. Il est arrêté pour ne pas s’être enregistré comme « agent de l’étranger », une accusation qu’il conteste : « évidemment que je ne savais pas qu’il fallait s’enregistrer », étant donné qu’il ne travaillait pas en Russie. Il précise qu’il était en mission de dix jours pour une ONG suisse, dans le cadre d’un projet de conférence sur l’usage de l’intelligence artificielle dans les conflits.
Incarcéré quatre jours avant son départ, il est placé au centre de détention numéro 7, qu’il qualifie ensuite de « VIP ». Il y décrit un quotidien structuré, avec des jeux comme les dominos ou les échecs « pour s’intégrer socialement », ainsi qu’une vie collective et de la lecture. Il déclare aussi avoir été victime d’une escroquerie, un avocat ayant extorqué à lui et à sa femme un million de roubles.
**Des conditions carcérales déplorables**
Après un procès en appel, il est transféré dans un centre de détention de transit à Toula, à 200 kilomètres au sud de Moscou, où les conditions sont selon lui « terribles ». Il évoque l’absence de livres, des toilettes réduites à « des trous », une hygiène dégradée et un accès limité à l’eau. Il apprend alors qu’une nouvelle enquête pour espionnage va commencer, avant d’être hospitalisé, un moment qu’il décrit comme ayant été marqué par une « très grande peur », croyant « qu’on allait me faire des expériences ».
Dans la nuit du 10 mai 2025, il est envoyé dans la prison du FSB à Moscou, où « l’isolement est total » et où il décrit un enfermement plus strict, des gardiens « plus sévères » et une pression constante. Confronté aux accusations, il raconte avoir ressenti « une extrême vulnérabilité » et la peur que « tout était possible », notamment après un prélèvement de son ADN. Aujourd’hui, il souhaite se consacrer à l’écriture, en s’inspirant de ce qu’il a vécu pour créer des récits sur « la vie, l’amour, la mort », espérant réaliser ce projet qu’il n’avait « jamais vraiment osé » entreprendre.

