Débat sur un protocole d’inclusion scolaire des migrants
Des experts en éducation et des chercheurs ont débattu, jeudi à Tanger, des moyens d’élaborer un « Protocole d’inclusion scolaire des enfants et jeunes migrants en situation de vulnérabilité ». La directrice de l’AREF, Ouafae Chakir, a souligné que cette rencontre s’inscrit dans le cadre de l’engagement de l’Académie à mettre en œuvre les orientations nationales visant à consolider le droit à l’éducation.
Des experts en éducation et des chercheurs spécialisés se sont réunis jeudi à Tanger pour discuter des moyens de créer un « Protocole d’inclusion scolaire des enfants et jeunes migrants en situation de vulnérabilité », s’appuyant sur les réalités du terrain et visant à améliorer la coordination entre les différents acteurs.
Cette table ronde régionale a été organisée par l’Académie régionale de l’éducation et de la formation (AREF) de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, en partenariat avec l’association ATIL et avec le soutien de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les participants ont dressé un bilan des dispositifs existants et des pratiques en place au niveau local et régional, afin d’identifier les forces, les faiblesses et les opportunités d’amélioration.
Ce protocole s’adresse aux enfants et jeunes de divers horizons migratoires, y compris ceux ayant des parents étrangers résidant au Maroc, les jeunes Marocains de retour après une migration irrégulière, ainsi que les enfants de familles marocaines vivant à l’étranger qui choisissent de revenir au pays.
Les discussions ont permis d’explorer les obstacles à l’inclusion scolaire des enfants et jeunes migrants, tels que les problèmes linguistiques et sociaux, mais aussi d’identifier des leviers institutionnels à renforcer, tels que les cadres, les mécanismes de soutien et les partenariats. Les participants ont également abordé les facteurs pédagogiques, comme le soutien scolaire et les outils d’accompagnement, pour garantir une inclusion durable, tout en identifiant les facteurs de réussite et les besoins spécifiques des bénéficiaires.
La directrice de l’AREF, Ouafae Chakir, a souligné que cette rencontre fait partie de l’engagement de l’Académie à appliquer les orientations nationales visant à renforcer le droit à l’éducation, promouvoir une école équitable et inclusive, et garantir un accès à un enseignement de qualité pour tous les enfants, sans distinction.
Dans une allocution lue par le chef de la division des affaires pédagogiques, Mohamed El Mechrafi, Mme Chakir a précisé que cette rencontre se déroule dans un contexte national caractérisé par une diversité de phénomènes migratoires et des défis éducatifs et sociaux qui nécessitent des approches intégrées. L’objectif est de créer un espace de réflexion collective et d’échange d’expériences.
Elle a ajouté que l’objectif consiste à dresser un diagnostic de la situation de l’inclusion scolaire des groupes concernés, identifier les obstacles entravant leurs parcours éducatifs et définir les leviers institutionnels et pédagogiques pour garantir une inclusion efficace et équitable.
Laura Palatini, cheffe de la mission de l’OIM au Maroc, a fait remarquer que l’accès à l’éducation est non seulement un droit fondamental, mais aussi une clé essentielle pour l’intégration des migrants dans la société de chaque pays. Elle a salué les avancées des politiques publiques en matière de migration au Maroc, notamment la Stratégie nationale d’immigration et d’asile, ainsi que les efforts pour garantir l’accès à l’éducation des enfants migrants.
Concernant le protocole d’inclusion scolaire, Palatini a souligné l’importance d’intégrer les dimensions de genre et de handicap dans toutes les réflexions, propositions et conceptions du protocole.
Mohamed Fouad Amrani, directeur général de l’association « ATIL », a mentionné que l’objectif principal de cette rencontre est d’établir une base commune de réflexion et d’action pour une inclusion scolaire globale et équitable, adaptée à la diversité des parcours. Il a rappelé que la société civile est désormais un partenaire stratégique dans la mise en œuvre des politiques publiques en matière d’éducation et de formation.
Durant cette rencontre, des exemples de dispositifs existants et de pratiques inclusives, ainsi que des mécanismes en place, tels que le programme « Écoles de la deuxième chance – Nouvelle génération », des initiatives de soutien scolaire et des dispositifs d’accueil pour les enfants migrants, ont été présentés.
L’AREF a partagé sa vision de l’inclusion scolaire et ses orientations actuelles, tandis que l’OIM a proposé une analyse des vulnérabilités et des problématiques liées à la migration. L’association ATIL a également présenté ses activités menées en partenariat avec l’AREF.

